Martyrs et Saints La Liste des Saints Wed, 10 Feb 2016 10:58:12 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=4.4.5 Prenommer.com /prenommer-com/ /prenommer-com/#comments Sun, 23 Dec 2012 17:56:39 +0000 /?p=42139 Pour plus d’informations, veuillez consulter Prenommer.com, l’espace de discussion et d’entraide consacré aux questions liées à l’origine des prénoms, aux fêtes, aux saints et à la vie des saints.

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Les Martyrs de la Révolution Française : Claude RICHARD (3) /les-martyrs-de-la-revolution-francaise-claude-richard-3/ /les-martyrs-de-la-revolution-francaise-claude-richard-3/#comments Mon, 05 Sep 2011 13:56:41 +0000 /?p=42085 Les Martyrs de la Révolution Française : Claude RICHARD

Par Maurice POTIER, janvier 2010

Les prêtres de Lorraine, et en particulier de Nancy, passent par Poitiers de sinistre mémoire. Ils tentent de récupérer ce que les autorités leur avaient confisqué, sans résultat, bien entendu. Tous se souviennent des endroits où ils ont été correctement accueillis, mais surtout de ceux où ils ont été mal reçus et molestés. Ayant perdu l’habitude de marcher, leurs pieds écorchés saignent et ils ne peuvent dormir, la faim est grande car le pain est rare et très cher. Les retours difficiles sont surtout pénibles pour les isolés, dans un groupe, on se soutient et le courage se retrouve quand ils traversent un village qui les accueille avec aide et gentillesse.

C’est une fois rentrés au pays que la vie sera dure, car avec  la Terreur, beaucoup d’êtres ont disparu, les biens ont été vendus. Ce sera encore la misère jusqu’au Concordat en 1803.

La  Béatification

Le consulat renoue les relations avec Rome, mais, silence total sur cette persécution !! L’histoire de la béatification des déportés des pontons sera longue et difficile. Mais rien de commun avec les délais de la béatification de Jeanne d’Arc, soi-disant brulée sur les ordres d’un évêque (voir JEHANNE de Jean de Saint Jean, 1957). En 1822, échoue le projet d’élever un calvaire à l’ile d’Aix à la mémoire des martyrs, puis, c’est l’oubli pendant de nombreuses années. En 1843, long poème en latin… sur la mort glorieuse des prêtres sur les pontons. En 1906… Eh oui !! l’évêque de La Rochelle crée une œuvre diocésaine pour la vénération des martyrs des pontons et ouvre un procès informatif pour la béatification et entreprend la collecte de tous les documents possibles.

En  1918 paraît le martyrologe de la déportation, comportant  590  biographies de prêtres déportés. Le procès diocésain retenant 102 noms est clos en 1936 mais c’est le pèlerinage régulier à l’Ile Madame et l’approche du 2e centenaire de la révolution française qui firent faire des progrès décisifs.  En  1989, le dossier du procès canonique fut repris. La POSITIO décida de ne conserver que 64 dossiers (Voir à ce sujet l’étude de l’Abbé Yves BLOMME : Les  Prêtres Déportés sur les Pontons de Rochefort Ed. Bordessoules 1994 : 170 pages d’explications et de récits détaillés sur cette terrible aventure.)

Il ne restait plus, après que la POSITIO ait été examinée et approuvée par la congrégation Romaine, qu’à promulguer la béatification et à en fixer la date : le 1er octobre 1995.

C’est donc le Dimanche  1er octobre 1995 qu’eut lieu la béatification, place St-Pierre à Rome, de 64  prêtres martyrs, victimes de la cruauté antireligieuse pendant la Révolution française (1789-1799). À cette occasion, l’image de l’île Madame fut suspendue aux fenêtres de la basilique de Rome. Le diocèse de Verdun eut  4 béatifiés, le diocèse de Nancy eut 6 béatifiés , dont Claude  RICHARD, ce Lérouvillois  pour lequel j’ai rassemblé ces quelques informations.

Tout lecteur sera certainement surpris de constater que la Meuse qui a eu 121 prêtres déportés dont 88 sont morts, n’a que 4 béatifiés, alors que certains diocèses tels celui de Limoges par exemple, en a 18 pour 89 déportés et 57 décès. Dans la Meuse, nous dit-on, les documents d’archives étaient très incomplets ou inexistants (a) sur la vie et les œuvres de la plupart des victimes, ceci dit, le nombre des prêtres morts saintement et méritant respect et admiration dépasse certainement le nombre de cinq, avec C. Richard, pour le diocèse de Verdun. (a) « Chacun sait qu’un meusien ça n’est pas très dégourdi, ça ne sait pas s’exprimer, et moi, plus que tout autre, puisque Lerouvillois depuis le 2 Avril 1931. »

La vie, la personnalité et la mort des cinq bienheureux meusiens ont fait l’objet d’un dossier dont  je tirerai, en les parcourant, les faits intéressants pour le goujon lérouvillois que je suis.

Nicolas  TABOUILLOT

Né le 16 Février 1745 à Bar-le-Duc, ordonné en 1769, nommé curé de MELIGNY-le-GRAND en 1782. Serment à la constitution 23 janvier 1791, avec restriction. (Les documents concernant cet homme sont assez nombreux et bien ordonnés : pourtant, c’était un meusien !)

Claude  RICHARD

Il ne fut pas déporté depuis Bar-le-Duc et certaines pièces de son dossier sont référencées en M&M  en bas de la page suivante. Voici  donc ce que j’ai pu apprendre sur cet homme :

Claude  Richard est né le 19 mai 1741. Il fut baptisé dix jours plus tard, le 29, à Lérouville, dans la Meuse. Ce délai de dix jours est rare à cette époque. Son père se prénommait Jean et sa mère s’appelait Marie JOUBERT.

Il entra dans l’ordre bénédictin. C’est le 12 Mai 1760 qu’il fit sa profession religieuse à l’abbaye  St-Hidulphe de Moyenmoutiers (24). Cependant, selon des déclarations faites au moment de la révolution, cette profession aurait eu lieu le 12 Juin (25).

En 1783, nous le trouvons vicaire à Ban-de-Sapt (Vosges) (26).

Il est sous-prieur du St-Mont en 1784 (27).

En 1787, il est à l’abbaye St-Léopold de Nancy, directeur des dames du St-Sacrement (28).

Quand arrive la révolution et la suppression des ordres monastiques, il opte pour la vie commune le 6 Janvier 1791 (29).

Guillon écrit  alors de lui :  « Il ne fit point le serment schismatique de 1791, et resta à Nancy pour l’utilité des âmes qu’il ‘dirigeoit’ dans les voies du salut » (30).

Il fut enfermé au couvent des tiercelins  le 26 novembre 1793, parce qu’il était insermenté (31).

C’est à ce titre qu’il fut inscrit sur la liste des prêtres déportables et remis aux mains des gendarmes pour être transféré à Rochefort (32).

Il est à Rochefort le 5 mai 1794 où il subit la fouille de rigueur (33).

Embarqué sur les DEUX-ASSOCIES, il meurt le  9  Août  1794. Il est enterré à l’ile d’AIX (34).

Voici  ce qu’écrit de lui Labiche de Reignefort :

« Ce pieux enfant de Saint Benoit était la douceur et la bonté personnifiées. Dans l’extrême pénurie d’infirmiers où nous laissait la mort de presque tous ceux qui avaient ce titre, il s’offrit généreusement, au plus fort de la contagion, pour remplir ce périlleux emploi, dont il s’acquittait avec beaucoup de succès et à la grande satisfaction des malades, parce qu’il avait le talent de s’insinuer dans les cœurs. Mais, trop faible pour résister à de pareilles fatigues, il fut emporté au bout de quelques semaines, après une agonie extrêmement  douloureuse et malheureusement beaucoup plus longue qu’on avait lieu de le craindre pour un homme déjà âgé, et dont toutes les humeurs paraissaient douces et calmes. » (35)

Acte  de  baptème  de  Claude  RICHARD

( A.M. Lérouville, Registres paroissiaux )

Claude, fils légitime de Jean Richard et de Marie  Joubert, son épouse, est né le dix-neuvième et a été baptisé le vingt-neuvième may  de l’année mil sept cent quarante et un. Il a eu pour parrain le sieur Claude Richard et marraine, Barbe Le Tisserand, femme à Joseph Goubert, de Wadonville. ( C’est écrit ainsi…)

(Signé :)  Goubert, curé de Lérouville

Et pour terminer, avant de dire à un lecteur éventuel, pourquoi je me suis intéressé à ce dossier, et aussi lui faire part de mes réflexions sur cette triste aventure, il convient de signaler qu’en 1994, au cours d’un pèlerinage à Rochefort , un Christ très ancien, très abimé pendant la révolution, a été offert par la paroisse de Lérouville  pour être déposé sur le monument élevé contre les remparts du port à la mémoire de ces malheureux déportés sur les pontons.

(Fait fin Décembre  2009, uniquement avec copie de documents déjà diffusés) M. P.

Vitrail de  l’église  de  LEROUVILLE (1936)

Pourquoi me suis-je intéressé à cette sordide histoire ? ?

Ainsi que j’ai du le dire ou laissé entendre plus avant dans ce récit , je suis né à Lérouville, il y a assez longtemps… (Avril 1931) et y ai passé de longs moments de mon enfance . Ma grand-mère Ninie (Eugènie Mercier) née Richard à Lerouville, elle aussi, ( de RICHARD  Richard, né en 1841 et de Dusaux Marguerite née en 1855) a vécu dans ce village, de sa naissance le 17 mars 1882, à sa mort le27 mai 1971. Elle y exerça le métier de sage-femme pendant plus de quarante ans (Pour la petite histoire, elle racontait volontiers que le premier accouchement qu’elle pratiqua fut celui de la naissance d’Hubert fils d’Eugène Level le maire d’antan, lequel Hubert ne doit plus être très jeune aujourd’hui.)

Ma grand-mère, que j’appelais mémère, était super gentille avec moi, me racontait plein d’histoires : sa vie de jeune fille, de femme de poilu en 14-18 et aussi, celle d’un curé Richard qui avait été victime des révolutionnaires de 1789… Histoires que je suis très heureux d’avoir écoutées. La retraite venue, ceux qui me connaissent savent que je me suis passionné pour l’histoire du pays Mâconnais de mes étés mais aussi pour d’autres sujets, dont mes souvenirs de jeunesse. Et c’est  grâce à la grande amabilité et la gentillesse de Mgr MAUPU, l’Evêque de Verdun que j’ai pu  débuter les recherches sur ce très ancien tonton, Claude Richard. J’aurais aimé trouver plus. Les archives Mâconnaises furent sans aucun doute mieux tenues, et plus complètes que celles des meusiens… Il est vrai que vous, les Meusiens, fûtes Français bien tardivement… (OH !) Alors, maintenant que cette histoire que j’ai écrite pour Thomas et Olivier, mes petits fils est terminée, je vais me pencher avec plus de facilité sur un de leur ancêtre maternel qui fut l’entraineur d’un groupe de paysans révolutionnaires qui, le 28 juillet 1789 mit à sac deux châteaux de la région Tournugeoise. C’est quand même pas commun d’avoir pour ancêtres, à la même époque un grand voyou et un Saint… QUI DIT MIEUX ?

N’était-elle pas belle, mémère Ninie ? ?

L’evéché de St-Dié… (y a des cons partout… !!)

(Après avoir lu une telle réponse à plusieurs lettres restées sans suite , ça devient difficile de rester poli… et croyant…)

Et pour en finir, Pourquoi ces drames affreux de la Révolution de  1789 ?

Ce ne sont, bien entendu, que mes suppositions, mais je les crois bien fondées :

Le 6 Février 1778, la France signe un traité d’amitié avec les Américains qui ont créé une armée fédérale en février 1775, dont le commandement fut confié à Georges Washington, afin d’expulser tous les venimeux reptiles de Grande-Bretagne. (L’Amérique du Nord 1760-1867 – Université du Québec 1968). En octobre 1779, après l’échec de ses troupes devant Savannah ,Washington déclarait : « SI NOUS N’AVONS PAS L’ARGENT ET LES SOLDATS DE FRANCE , NOTRE CAUSE EST PERDUE . » Les désertions et les mutineries touchent alors un bon tiers de la « continental  army ».

Début 1780, le Roi Louis XVI, sur les instances de La Fayette, de Baumarchais et de Vergennes son ministre des affaires étrangères décide d’envoyer une armée sur le continent américain. Et le 2 Mai 1780 l’escadre de Ternay quitte nos côtes avec l’armée de Rochambeau forte de quatre régiments (Le Saintonge – le Bourbonnais – le Royal-deux-Ponts et le Soissonnais) de cavaliers, d’artilleurs avec leurs canons soit plus de 13.OOO hommes embarqués sur 7 frégates, 7 vaisseaux et près de 50 transports. Ces  troupes arrivent le 11 juillet à New-Port (70 jours de traversée !) Les Français participent à tous les combats contre l’Anglais avec parfois des pertes énormes. Le 22 Mars 1781, l’Amiral De Grasse part avec son escadre pour l’Amérique, et le 5 Septembre, arrivée à marche forcée des américains et des Français, à la baie de Chesapeake. Le 7-8 septembre, Français et Américains encerclent les Anglais dans YORKTOWN – ET…

Le  19 Octobre 1781… Capitulation de CORNWALLIS ! ( 7.000 Prisonniers !!!)

Cette extraordinaire odyssée de nos anciens, leurs souffrances, leurs joies, tout cela est assez peu évoqué, pourtant c’est une aventure formidable pour l’époque. Alors le zozo que je suis a voulu en savoir plus , et ce qu’a découvert Zozo, est assez ahurissant. Voici donc quelle fut la direction des recherches entreprises ,et ses découvertes ,dont certaines, très surprenantes.

La fréquentation assidue des bibliothèques entraine parfois le lecteur dans des aventures imprévues. La bibliothèque de Tournus (71) est d’une richesse extraordinaire notamment avec les écrits diffusés par la SAAST (Sté des Amis des Arts et des Sciences de Tournus). C’est en lisant le TOME XVII  écrit en 1917 par A. Bernard « Les Tournusiens et la guerre d’indépendance américaine » ,que j’ai dégoté  la référence d’un ouvrage sensationnel, très ancien, et que j’ai attrapé cette envie de chercher, moi aussi ! J’ai donc pu trouver :

  • « Ceux du Mâconnais �� publié par PAYS MACONNAIS TERRE DE MEMOIRE, en mars 2003 ;
  • « Ceux de Saône et Loire », publié par le N° 102, Deuxième semestre 2004, de la revue des sociétés généalogiques de Bourgogne. (74 communes : 159 hommes dont 31 tués soit 19,50 %) ;
  • « Ceux de Meuse » publié par Revue Lorraine Populaire N° 190 – Juin 2006. ( 85 communes : 134 hommes – 31 tués dont un goujon Lerouvillois – En service au Rgt du Soissonnais, Cie des FORETS : MEUNIER Nicolas né en 1748, en service le 03-05-1767 – Tué à NEWPORT le 19 Avril 1781)  Mais qui a déjà évoqué ce héros au village ?

Toutes ces recherches m’ont amené à la découverte des renseignements notés ci-dessous (Mes déductions choqueront certains lecteurs, mais, c’est moi qui écrit !!)

Sans l’intervention de ce brave Lerouvillois, Nicolas MEUNIER et de ses 39.999 camarades, nos détracteurs américains d’aujourd’hui, auraient-ils pu acquérir aussi tôt leur indépendance ? Page 51 de l’histoire du Canada « l’Amérique du Nord Britannique – 1760-1867 », on peut lire ceci : « La participation de la France à la guerre d’indépendance américaine, y compris les dons en argent et les prêts sans intérêts Jamais remboursés, fut évaluée en 1926 à plus d’un milliard de dollars ». Les auteurs de cette étude avancent l’idée que les évènements de 1789 ,en France n’auraient pas eu une telle ampleur, si la grande misère d’alors avait pu être réduite avec tout cet argent donné par LOUIS XVI à l’indépendance américaine.

Une sérieuse lecture de la chronique de la révolution, très énorme bouquin de LAROUSSE m’a donné l’occasion de vérifier que les Canadiens ci-dessus cités sont, hélas, bien en dessous de la réalité.  Voici quelques extraits de l’histoire de Larousse pour confirmer :

  • Paris,27 octobre 1789 Le remboursement de la dette serait évidemment fort apprécié. Necker n’a pas hésité à organiser un diner chez lui, avec Morris ,homme d’affaires et ami de Georges Washington. Il veut négocier avec lui le remboursement des 24 millions que l’Amérique doit à la France. Morris s’est refusé à s’engager sur un remboursement de 10 millions chaque année et sur trois ans. Peut-être parviendra-t-il à obtenir 300.000 par mois à partir de janvier. La banqueroute menace la nation française.
  • Philadelphie, 25 février 1793 Le Pdt Washington se range à l’avis de Jefferson et décide le  remboursement progressif de la dette américaine à la France. Et le 22 Avril, les États-Unis proclament leur neutralité dans le conflit franco-anglais. Bien que d’après le traité de 1778, son pays doive aide et assistance à la France, G Washington craint de s’engager dans une aventure à l’issue incertaine. L’Amérique a désapprouvé l’exécution de Louis XVI et observe avec inquiétude les violences récentes, seul T. Jefferson prône l’interventionnisme.
  • Philadelphie, 18 Juin 1793 Menace sur l’amitié franco-américaine Le torchon brûle entre Paris et Philadelphie. Tout a commencé à se gâter, en février, quand Tenant, l’ambassadeur de France a demandé le remboursement immédiat de la dette américaine, soit la somme considérable de 554.500 dollars. Devant le refus catégorique de Hamilton, secrétaire au trésor, Jefferson avait proposé un remboursement progressif, mais Genêt, qui avait entre temps succédé à Tenant comme ambassadeur de France a catégoriquement refusé ce compromis, Jefferson n’a pas obtenu l’accord de Washington pour un remboursement en une seule fois, et il vient d’annoncer officiellement que l’Amérique n’honorerait que 20% de sa dette, pas un dollar de plus. Chacun attend maintenant avec anxiété, la réaction du gouvernement français. On peut d’ores et déjà supposer que cette nouvelle ne le satisfera guère.
  • Paris 15 Août 1794 Le nouvel ambassadeur James Monroé remet ses lettres de créance. Les américains n’approuvent pas la manière dont évolue la révolution française.
  • Paris, Février 1796 Quatre tapisseries partent pour l’Amérique : le gouvernement a besoin d’argent. De plus, ces toiles se trouvent entachées de plusieurs signes de féodalité.
  • Philadelphie – 10 Ventose an IV (29.02.1796) En adoptant officiellement le traité de commerce signé avec les anglais en novembre 1794, les États-Unis prennent le risque d’une crise grave des relations avec la France.
  • Philadelphie mai 1796 VOLNEY, l’historien, sac au dos, canne à la main, chapeau sur la tête se lance sur la piste de Baltimore, muni d’une lettre de recommandation de Jefferson, et après un voyage d’un an, il achève son tour d’Amérique le 10 décembre et sera content de rentrer : « Le nouveau monde n’est pas meilleur que l’ancien ». Le 30 décembre 1796, Monroé est rappelé à Philadelphie, accusé de sacrifier les intérêts de son pays. Plus les relations franco-américaines se dégradaient, plus Monroé voyait son crédit  baisser auprès de Washington. Au grand regret du gouvernement français, il vient d’être suspendu de ses fonctions.
  • Paris, 2 Mars 1797 (12 ventose an V ) Le directoire autorise les navires de guerre et les corsaires à visiter et à saisir les bâtiments neutres, américains surtout.
  • Paris, 4 mars 1797 John Adams succède à Washington à la présidence des États-Unis. Hostile, il arrive au pouvoir au moment où les relations France-Amérique sont de plus en plus tendues.
  • Lorient , 7 avril 1797 Un navire américain, hors la loi, confisqué… Le HOPE a été confisqué avec sa cargaison. Le différend juridique s’aggrave. Un article du code maritime de 1778 exige que le rôle (Liste des marins qui composent l’équipage du navire) figure dans les documents de bord, afin de vérifier la nationalité des marins, or le capitaine du Hope ne s’y était pas soumis.
  • Philadelphie, 2 mai 1797 Volney accusé d’espionnage. Venu pour un simple voyage d’étude, il s’est attiré les soupçons de l’opinion américaine du simple fait qu’il est Français, et de plus, l’ami de Talleyrand. L’Amérique intente un procès à la France par la bouche de son impulsif président John Adams, ce pays qui est, à ses yeux, incapable d’accéder à la liberté. Devant l’hostilité croissante et faute de pouvoir se disculper, Volney songe à repartir. Il est d’ailleurs déçu par cette terre qu’il avait abordée dans l’espoir d’y trouver la vraie liberté. C’est ce qu’il écrit à un ami.
  • Philadelphie 7 Juillet 1798 Le congrès américain abroge tous les traités signés avec la France depuis l’indépendance ( ET décide de l’expulsion de tous les Français…) La tension monte entre les deux pays. Le congrès américain abroge unilatéralement tous les traités avec la France, depuis l’indépendance et décide l’expulsion de tous les Français. Mesures qui font suite à une longue listes d’agressions contre le gouvernement français. Dès Juin, le congrès avait dévoilé ses intentions en autorisant les navires de commerce à s’armer contre les navires français. Dans le même temps, une loi impose 14 ans de résidence pour devenir américain, mesure visant surtout les français. A Paris, on voit mal ce qui pourrait améliorer les relations,  on s’interroge !
  • BORDEAUX, 30 Décembre 1799 La France libère ses détenus… Le consul BARNET est débordé… Paris et Philadelphie ayant renoué des relations normales, la ‘guerre’ est enfin terminée. Les Français ont donc libéré tous les Américains qui avaient été emprisonnés pendant la période de tension entre les deux pays et Barnet se retrouve avec deux cents de ses compatriotes à sa charge. Lourde tâche en perspective : il doit les loger, les nourrir, les rassurer sur leur sort ,et surtout, les renvoyer chez eux dans les meilleurs délais. Barnet en viendrait presque à souhaiter que les relations en soient restées là où elles étaient.
  • RAMBOUILLET, 23  Mars  1810 NAPOLEON signa un décret, en vertu duquel, la marine française s’empara de bateaux américains d’une valeur de cinquante millions de francs. Napoléon, furieux des prétendues sympathies des Etats-Unis avec l’Angleterre, (et de la dette américaine jamais remboursée) ne faisait que riposter à une menace d’action  semblable. (LAMARTINE  et les Etats-Unis – Annales académie de Macon)

Quelle déception pour les acteurs de cet immense exploit du  XVIIIème siècle, sans l’intervention desquels les américains auraient certainement dû attendre encore bien  longtemps avant d’acquérir l’indépendance.

Qui a jamais évoqué le souvenir, la mémoire, de ces milliers de jeunes héros, morts pour la liberté des autres et qui finirent comme engrais du sol américain ou en crottes de requins dans les océans du bout du monde ? ?

La révolution de 1789 était nécessaire et bienvenue, il est vrai qu’à cette époque, le pouvoir, les biens matériels étaient la chose des curés et de la noblesse, mais cette ‘révolution’ aurait-elle été si violente, si inhumaine si LOUIS XVI avait pu venir au secours des malheureux avec tout cet argent, le nôtre, dépensé pour un peuple si peu reconnaissant. En plus de cette ruine totale, le temps se mit de la partie : Un froid intense, plusieurs années consécutives entraina des récoltes nettement insuffisantes et le Roi Louis  XVI ,qui autorisa toutes les dépenses fut déclaré  coupable de tous les maux (Comme Sarko de nos jours ). Si nous avions alors été un peu plus à même de satisfaire ne serait-ce qu’une partie des misères d’alors, crois tu lecteur, qu’il il y aurait eu ces milliers de victimes des révolutionnaires, dont tous ces curés de mon histoire ? Alors ai-je tord de penser qu’on a eu à faire à des Cons ??

Voilà, j’ai terminé, nous sommes le 4 Janvier 2010, et il est 14 Heures.

Maurice  POTIER , le vieux de Lérouville.

Voici la conclusion de mon étude sur la Révolution en Mâconnais : page 222… étude terminée le 24  Mars 2006, mais  ce jour là je ne pensais pas que je me pencherais sur ce Claude de Lerouville.

…Si, de 1776 à 1782, le Roi  LOUIS  XVI, Vergennes son ministre des finances, Beaumarchais l’illustre et des dizaines de milliers d’autres étaient allés à la pèche ou courir les filles, au lieu de totalement ruiner la France en apportant toutes les aides possibles au peuple ingrat d’un autre continent pour sa conquête de la liberté, il est évident que la plupart des évènements de cette « ANNEE SANS PAREILLE » (a) n’auraient pas atteint les sommets d’une telle cruauté.

Les sommes considérables, si bêtement dépensées auraient alors pu être utilisées pour calmer la terrible misère du peuple de cette époque (J’ai noté qu’en Mâconnais, pays pourtant prospère, le pays souffre des dégradations profondes des activités rurales : état des terres et des récoltes, 1612-1613-1680-1699 sont des années de disette, suite à des récoltes médiocres, le 6 Janvier 1709, sur les quatre heures du soir, il s’éleva une bise si forte qui causa un froid si cuisant, que la terre trempée par les pluies continuelles fut gelée en 24 heures de plus de 3 pieds de profondeur, et que tous les arbres sauf les pruniers furent détruits. Le seigle et le froment semés sont gelés. Les décès dépassent de beaucoup les naissances, on trouve dans de nombreux registres de sépultures, la mention de trois ou quatre membres d’une même famille. Conjoncture  économique et sociale désastreuse : pain, foin, viande, bois, rares et chers, pluies torrentielles en avril, sécheresse l’été, gel prolongé l’hiver 1788/1789, bloquant moulins et charrois, la famine menace, les enfants sont abandonnés en grand nombre.

On peut donc affirmer que c’est par la faute des ricains que tant de gens, dont un Roi et une Reine furent guillotinés.

Et puis, il y a nos pauvres profs d’histoire… obligés depuis ce temps là d’ingurgiter, et de tenter de faire comprendre ce plantureux méli-mélo historique à leurs élèves… presque aussi surhumain que le CPE …rendez vous compte de la fatigue, des soucis ! ! !

(a) « l’ANNEE sans PAREILLE. » est le titre de mes 248 pages sur l’examen de la révolution en Mâconnais.

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Les Martyrs de la Révolution Française : Claude RICHARD (2) /les-martyrs-de-la-revolution-francaise-claude-richard-2/ /les-martyrs-de-la-revolution-francaise-claude-richard-2/#comments Sun, 04 Sep 2011 07:56:34 +0000 /?p=42073 Vie et mort des Meusiens déportés

Sur les Pontons de Rochefort en 1794-1795

Par Maurice POTIER, janvier 2010

En 1793, sur le plan religieux, c’en est fini de l’église constitutionnelle. Tous les prêtres de Meuse, même s’ils ont prêté serment sont persécutés ; en avril, un décret stipule que tous ceux qui n’ont pas prêté le serment « liberté-égalité » diffèrent de celui de 1791 devront être embarqués et déportés en Guyane ainsi que ceux qui seront dénoncés pour incivisme par six citoyens d’un canton. Le principe de la déportation est ainsi posé par la convention et les départements vont aussitôt diriger leurs contingents de prêtres vers Bordeaux, puis Rochefort.

Les  convois  et  les  étapes :

Chaque convoi partira du chef-lieu du département. Il sera composé d’une charrette, bâchée ou non, pouvant transporter dix à douze personnes. Elle sera suivie d’une deuxième voiture contenant des chaines destinées à prévenir une éventuelle tentative de révolte ou d’évasion. Le convoi sera escorté par des gendarmes à cheval ou des éléments de régiments relayant les premiers en cours de route.

Pour la Meuse, les convois partent de la place St-Pierre à Bar-le-Duc, où le couvent des Carmes a été transformé en prison où attendent les détenus. Seize étapes sont prévues pour atteindre Rochefort, en passant par Saint-Dizier, Chalons-sur-marne, Meaux, Paris, Orléans, Tours et Poitiers.

Douze  convois  quitteront ainsi  Bar-le-Duc.

(Ici, avec chaque convoi, nous avons la liste complète des « voyageurs », mais je me suis limité à ceux des villages proches de Lerouville ou à ceux qui me paraissent intéressants.)

  1. Le premier de ces 12 convois, part le 9 Avril 1794, avec neuf prêtres.
  2. Le 2ème convoi part le 12 Avril 1794, avec dix prêtres.
  3. Le 3ème convoi part le 13 Avril 1794, avec dix prêtres.
  4. Le 4ème convoi part le 15 Avril 1794 et fut le plus important, avec vingt déportés, dont : MOUZIN DE ROMECOURT Alexandre, né en 1720 à Bar-le-Duc, ancien Jésuite. Chanoine de  COMMERCY  insermenté. Déporté sur le WASHINGTON, mort le 22 Août – Ile Madame ; NEOPHIT Joseph dit Josse, né en 1754 à Bouquemon (Moselle). Fils de Rabbin  incarcéré à Bar-le-Duc  (simple curiosité).
  5. Le 5ème convoi part le 16 Avril 1794, avec huit déportés, dont : MONET Jean-François, né en 1751 à Menil-la-Horgne, curé de Méligny-le-Grand. Vicaire épiscopal de Nancy .Constitutionnel, Accusé d’aristocratie. Déporté sur le Washington  –   Libéré. Curé de Jouy-sous-les-côtes en 1803 , mort en 1804 ; TABOUILLOT  Nicolas, né en 1754 à Bar le duc – curé de Méligny-le-grand. Serment avec restriction – Déporté sur les Deux-Associés – Mort le 23 février 1795. BEATIFIE oct. 1995
  6. Le 6ème convoi part le 22 Avril 1794, avec dix déportés, dont : BRIGEAT Claude-Alexandre, né en 1743 à COMMERCY, curé de Ligny – Docteur en théologie – Serment avec restriction – déporté sur les Deux-Associés. Libéré ; MERCIER Jean-Claude-François, né en 1749 à Raon-l’Etape, Vosges. Curé  d’Euville. Constitutionnel. Certificat de civisme. Déporté sur le Washington. Mort le 4 octobre 1794 – Ile Madame.
  7. Le 7ème convoi part le 5 Mai 1794 avec dix déportés, dont : HENRION  Jacques – Né en 1719 à Vignot-Capucin à Charmes (Vosges) – Arrêté comme fanatique dangereux ayant troublé la commune de Commercy – Déporté sur le Washington. Mort le 24 octobre 1794 – Ile Madame ; DEFOUG  Jean-Augustin né en 1756 à VIGNOT – Curé  de  L E R O U V I L L E Constitutionnel. Certificat de civisme. Suspect pour avoir repris ses fonctions. Déporté sur les DEUX-ASSOCIES. Libéré. Curé de BOUCONVILLE, mort en 1843.
  8. Le 8ème convoi part le 3 Juin 1794 avec dix déportés, dont : BONNAIRE Claude, né en 1736 à Flavigny-sur-Moselle (M.M). Bénédictin de St-Avold (Moselle). Certificat de civisme – Pas  serment. Réfugié à COMMERCY. Déporté Deux-Associes.  Mort le 8 septembre 1794.  Ile  Madame ; DIDELOT Claude-Joseph, né en 1722 à Longchamps-sous-Chatenois  (Vosges) –Capucin de COMMERCY – Pas  serment égalité – Déporté sur les Deux-Associés, mort le 30 août 1794 – Ile Madame.
  9. Le 9ème convoi part le 5 Juin 1794 avec dix déportés.
  10. Le 10ème convoi part le 17 Juin 1794 avec dix déportés, dont : GRANDCOLAS Pierre, né en 1734 à Nancy, carme de St-Mihiel, arrêté pour avoir dit la messe à MECRIN. Déporté sur Deux-Associes.  Mort 6 sept 1794 – Ile Madame.
  11. Le 11ème convoi partit le 21 Juin 1794 avec dix déportés.
  12. Le 12ème convoi partit le 25 Août 1794, avec seulement quatre déportés.

Les Meusiens survivants furent libérés en février 1795 avant les prêtres des autres départements, grâce à un arrêté du 30 janvier, sur les instances d’un membre du comité de sûreté générale, Jean-Baptiste HARMAND, de Souilly.

En résumé, sur 121 déportés, 88 sont morts dont 1 à l’aller et 1 au retour. 33 ont été libérés. (44 étaient insermentés ou avaient prêté serment avec restrictions.)

De plus, 7 autres prêtres meusiens ont été déportés par d’autres départements : 3 ont été libérés, 4 sont  morts  dont :

RICHARD Claude – né en  1741  à  LEROUVILLE  (Meuse).

Bénédictin de Saint-Léopold de Nancy – Déporté sur les DEUX-ASSOCIES

Mort  le 9 Août 1794 – Enterré à l’ile d’AIX.

Béatifié le 1er octobre 1995.

La vie sur les pontons de  Rochefort

Un navire, les DEUX-ASSOCIES, est aménagé pour recevoir les premiers déportés. Son commandant est le citoyen Jean-Baptiste-René LALY (âgé de 28 ans, de forte corpulence, brutal et cruel, il est le type du geôlier implacable.) Il surveille, personnellement le recrutement de son équipage qu’il veut à sa ressemblance. Son second est l’enseigne VILLECOLET dont la férocité devint légendaire.

A partir du 11 avril 1794, l’embarquement commence dans la rade de l’île d’Aix. Vers la mi-juin, un second bateau, le WASHINGTON entre en service, alors que les déportés qui continuent d’arriver, de la Meuse, de la Meurthe et des Vosges en particulier sont consignés sur le BONHOMME-RICHARD, bateau hôpital réservé jusque là aux soldats et marins galeux, avant d’être dirigés sur le Washington, sur lequel il fallait monter à l’aide d’une échelle de corde. Terrible épreuve pour les estropiés qui sont la risée des matelots. Sa cargaison assurée, le navire alla jeter l’ancre près des Deux-Associés. Plus tard, un troisième bateau, l’INDIEN rejoindra les deux premiers.

On attend alors les ordres de Paris… Tous ces prêtres doivent, en effet, être déportés, mais où ? On a parlé de la Guyane, mais la flotte anglaise croise au large des côtes françaises, impossible de traverser l’Atlantique. On envisage Madagascar, puis la Barbarie  (à cette époque région délimitée par la côte ouest de l’Afrique : Maroc, Mauritanie) mais la flotte anglaise est toujours au large des côtes françaises. Aucun départ n’étant possible, certains révolutionnaires tentèrent donc l’extermination du clergé prisonnier par les privations, la faim et la maladie.

Les Deux-Associés et le Washington qui passèrent dans l’histoire sous le nom  de  « Pontons de Rochefort » étaient deux trois-mâts de cinq à six cents tonneaux, de 30 mètres de long et dix de large, à fond plat, construits pour le transport de marchandises, avec une cale, puis un entrepont relié au pont par une écoutille. Genre de navire, qui, pendant la 2ème moitié du XVIIIème siècle, servait à la traite des noirs, activité dominante du port de La Rochelle. A partir du huitième convoi, les déportés meusiens furent embarqués sur les Deux-Associés.

Montés sur le bâtiment après avoir été fouillés, on les dépouillait de tout ce qu’ils avaient encore, ne leur laissant que quelques pièces de vêtements : une chemise, une culotte, un mouchoir. L’un d’eux, Claude Rollet écrit après son retour : « on avait tout perdu : les livres, nos chapelets, il nous était même interdit de remuer les lèvres pour prier ». Les déportés des Deux-Associés connurent les supplices les plus affreux.

A bord des Deux-Associés, les déportés connurent un supplice plus affreux que ceux du Washington, le pourcentage des décès atteindra 80%, il sera de 52% sur l’autre navire.

Les déportés passaient la nuit dans la moitié de l’entrepont qui faisait 12 mètres sur 11, avec une hauteur maxima de 1m80. Et ils étaient là jusqu’à 471 , pour chacun, un volume d’un demi mètre cube environ, serrés les uns contre les autres, en une masse de chair haletante, engluée de sueur, sans aération, dans l’obscurité. Le matin, on désinfectait ce cachot en jetant deux boulets chauffés au rouge, dans un tonneau de goudron, alors que les prisonniers, restés là au moins une heure, étouffaient, toussaient.

Un jour, Gibert, le Cdt du Washington se plaignit à son collègue Laly des deux-associés que ses prisonniers ne mouraient pas assez vite. Celui-ci lui répliqua : « C’est que tu ne sais pas les enfumer comme il faut ! »

Claude Rollet écrit : « Cette fumée produisait sur nous un effet de violence extraordinaire, provoquait une toux qui allait souvent jusqu’au vomissement, excitait la transpiration et donnait des battements de cœur, avant coureurs de la mort. Pour la nuit, des baquets étaient installés pour les besoins des déportés qui devaient, dans l’obscurité, ramper sur leurs confrères pour les atteindre (les certificats médicaux ont signalé des incontinences d’urine et des débuts de dysenterie chez certains, déjà à leur départ pour Rochefort).

Comment ces déportés vivaient-ils leurs journées ?

Au matin, sortant de l’entrepont, ils passaient sans transition d’une atmosphère brûlante à une brise souvent très fraiche et ils étaient parqués là pendant une douzaine d’heures, sous le soleil, le vent, la pluie, avec les balancements du navire.

Tous les jours, raconte Claude Rollet, une dizaine d’entre nous devaient porter sur le pont et jeter à la mer les immondices de la nuit, contenues dans six grands baquets très pesants. Il fallait monter une échelle de douze degrés. La moindre oscillation couvrant d’ordures celui qui montait en dessous.

Et pour nourriture : pain de seigle véreux, soupe de gourgane mal cuite, parfois un peu de morue durcie dans du vinaigre. Des déchets de viande. Ils devaient manger debout, dix par dix autour d’une gamelle. L’eau était infecte. Les récipients destinés aux déjections servaient à mettre la nourriture.

Ils étaient menacés d’être fusillés ou mis aux fers, pour simplement avoir été surpris de prier. Ils se lavent à l’eau de mer, ainsi que leurs vêtements, qui en séchant, conservent le sel, irritant encore plus la peau déjà attaquée par les poux. Ils passent d’ailleurs grande partie de leur temps à en faire la chasse.

Une fois qu’ils sont tassés dans l’entrepont, l’équipage pisse sur eux par les écoutilles.

Résignés, c’est pendant cette période atroce qu’ils prennent la résolution de rédiger un code de conduite pour le jour où les survivants reprendront vie dans un monde apaisé.   C’est l’abbé Labiche de Reignefort qui laissera ces résolutions d’un portée morale élevée, mais c’est beaucoup plus tard qu’elles seront consignées par écrit, en voici, seulement les extraits de quelques grandes idées :

  • ils regarderont comme un défaut de résignation, les moindres murmures ;
  • ils éviteront de se livrer à une joie immodérée lorsqu’ils apprendront la nouvelle de leur liberté ;
  • ils recevront sans se plaindre ce qu’on voudra bien leur rendre de leurs effets ;
  • ils ne satisferont point les curieux et leurs vaines questions sur leur route ;
  • ils se comporteront avec la plus grande modération et sobriété dans les auberges ;
  • arrivés dans leur famille, ils ne montreront point trop d’empressement à raconter leurs peines ;
  • ils se condamneront au silence le plus sévère et le plus absolu sur les défauts et les faiblesses de leurs frères. Ne montreront aucun regret de la perte de leurs  biens ;
  • ils ne feront ensemble, dès à présent, qu’un cœur et qu’une âme ;
  • enfin, ils liront de temps en temps ces résolutions pour s’en pénétrer et s’affermir dans la pratique des sentiments qui les ont dictées.

En janvier 1794, le typhus apparaît à Rochefort sur des pontons réservés aux prisonniers de guerre anglais et espagnols. Rapidement l’épidémie s’étend aux pontons des déportés, et en mai, les décès commencent. Le livre de bord de LALY montre que sur son bateau, en juin, chaque jour des prêtres meurent, les équipages hissent le pavois à l’annonce des décès, et on chante la Marseillaise, on crie « vive la république ».

L’épidémie s’étendant, on crée deux hôpitaux flottants, soit deux chaloupes pouvant recevoir, l’une 50, l’autre 60 malades. Elles sont ancrées auprès des pontons. Le transbordement se fait ainsi : les malades sont hissés comme des ballots avec des palans et on les laisse choir lourdement. Aucun aménagement n’étant prévu, ils sont étendus à même le plancher, sans couverture, entassés, baignant dans l’eau et leurs ordures. Les plaies grouillent de vers, l’odeur est intenable, certains malades deviennent fous furieux.   Les médecins viennent et s’enfuient et s’en remettent aux infirmiers pris parmi les déportés, car des prêtres se sont offerts pour remplir cet office. Claude Rollet, malade lui-même fut du nombre, entraîné par le vertueux Tabouillot, curé de Meligny-le-Grand, qui entendait fort bien la pharmacie mais qui se sentait déjà très malade.

Avec les chaleurs de l’été, l’infection augmente et les décès également.  En juillet, 100 morts dont 88 sur les Deux-associés. Laly rayonne, Gibert est jaloux. Les chaloupes étant pleines, les malades restent dans l’entrepont où la fumigation au boulet rouge achève les agonisants.

La municipalité et les autorités portuaires s’inquiètent et avisent le ministre de la marine. Le 13 juillet, il envoie un médecin pour enquêter. Homme courageux, il vient à l’heure de la désinfection, descend par l’écoutille mais en remonte très vite et déclare : « Ce n’est pas ainsi que l’on traite des hommes, si l’on mettait à cet endroit 400 chiens, le lendemain tous seraient crevés ».

Laly ne s’apitoie pas sur le sort des déportés, mais s’alarme quand ses marins meurent. L’équipage s’inquiète et le Cdt d’armes de Rochefort propose au ministre : « de préparer au plus vite un bâtiment, l’Indien, pour évacuer au moins en partie la cargaison des Deux-associés et de débarquer à l’Ile Madame (alors Ile Citoyenne) les malades des navires hôpitaux. » En cette fin d’août c’est l’horreur, la moyenne est de 12 à 13 morts par jour, et la contagion frappe les équipages, sauf les officiers. Dans les cales, ce ne sont que gémissements et hurlements. Un exemple horrible, celui de ce prêtre infirmier qui avec un morceau de bois, tente de nettoyer les plaies de monsieur Menertrel, chanoine de Remiremont, dévoré par les vers.

Dès le début de l’épidémie, les inhumations eurent lieu dans l’Ile d’Aix. Parmi ces morts, on note François Andoir, curé de Montiers-sur-Saulx, Lombal, curé de Sivry-sur-Meuse et aussi, bien sûr Claude Richard le Lérouvillois. Arrivés sur la terre ferme, on s’achemine vers le bourg, on longe les remparts jusqu’à l’anse de Tridoux, on creuse les tombes, au pied du moulin à vent, dans le sable au milieu des genêts ; on y dépose le corps nu, sans croix ni signe religieux, ni aucune inscription.

Deux cents treize prêtres furent ainsi inhumés, leurs ossements sont actuellement dans la crypte de l’église.

Le 18 et 19 août, on transporte les passagers valides des deux affreux navires à bord de l’INDIEN. Ce bateau est commandé par le Lt de vaisseau Boivin, homme plus âgé et humain, son second, Pierre Bonhan est jeune et généreux et le médecin Pierre-Jean fait tout pour enrayer l’épidémie. Sitôt qu’un déporté  présente les premiers symptômes, il est conduit à l’Ile Madame sur laquelle sont installées des tentes réservées aux soins des malades.

Le 21 août, tous les passagers des Deux-Associés sont à terre, car on s’emploie à nettoyer le bateau, à « le parfumer ». Certains de ces malheureux disent qu’ils semblent revivre à la vue d’un papillon, d’un oiseau ou d’une fleur tellement des choses aussi simples avaient disparu de leur mémoire. À l’Ile Madame, c’est la quasi liberté, on peut se promener en priant si on n’est pas malade, mais la nourriture est précaire, les plus valides recherchent et rapportent, moules, huîtres, escargots, fruits sauvages comme les mûres…

D’un rapport général daté du 28 août, il ressort que :

  • sur les DEUX-ASSOCIES, sur 497 déportés, 245 sont morts et 144 malades ;
  • sur le WASHINGTON, sur 265 déportés, 20 sont morts et 36 malades ;
  • du 21 août à fin septembre, sur 164 débarqués, 72 sont morts.

Quant aux équipages, on compte 37 décès pour les Deux-associés, 92 sur le Washington et 21 sur l’Indien. Ordre a été donné d’employer beaucoup de chaux vive.

On apprendra avec retard que Robespierre a été guillotiné, et que la Terreur allait peut-être prendre fin. Les déportés connurent des mois d’hiver rigoureux avec moins 20 degrés, une trentaine moururent de froid, mais l’espérance d’une prochaine libération les réconfortait, ils récupérèrent des bréviaires, on vint enquêter sur eux. Blutel, homme modéré de la Convention, facilite l’accès d’amis et de parents auprès des condamnés et fit arrêter des terroristes de la Société populaire, et surtout, le 5 décembre, l’officier de marine Seguin, témoin des supplices endurés par les déportés attire l’attention de l’assemblée, par une longue lettre qui décrit minutieusement tout ce qu’ont dû supporter les malheureux. Le 8 décembre, c’est le protestant Elie Thomas, témoin des mauvais traitements subis par les déportés qui écrit, lui aussi à l’assemblée.

Le 24 frimaire (14 décembre), LALY, le Cdt des Deux-Associés hué à la séance de la société populaire, avait dû fuir sous les cris de : « tueur de prêtres » et extorqua à ses prisonniers, une lettre où ses victimes déclaraient qu’il ne les avait maltraitées que « forcé par les circonstances impérieuse des temps ». Les déportés refusèrent ensuite de délivrer de ces sortes de certificat. À la demande des officiers du port de Rochefort, Laly sera relevé de ses fonctions le 16 avril 1795, personne ne voulant plus servir avec lui. Il ne put jamais reprendre la mer et mourut dans la misère à St-Martin-de-Ré en 1838.

Le 27 décembre 1794, le pouvoir ordonne le transfert à Xantes (Saintes) des prêtres des deux bateaux maudits, venus jeter l’ancre à Port-de-Barques. Trois navires arrivent de Bordeaux, se rangent côte à côte auprès des premiers, et, sous l’œil bienveillant des équipages et malgré la présence de Laly, les ecclésiastiques se parlent et des visites sont autorisées. Tout est prêt pour diriger 300 détenus sur Saintes, or le 14 janvier 1795, le froid est tel que tout transport par eau ou par terre est impossible. Situation dramatique !! Heureusement, le 27 janvier, le dégel permet la reprise des opérations : 32 Meusiens, et 95 autres, sont libérés par une lettre du 31 janvier, ils prennent la route par Poitiers. Les Meusiens, souvent des jureurs, doivent cette mesure aux demandes de particuliers influents dans les municipalités. Il reste encore 245 autres détenus à mettre sur les routes du retour.

L’étape est longue, à pied ou dans quelques charrettes, les municipalités exhortent les populations à être bienveillante envers ces malheureux. Est-ce nécessaire ? Les habitants, surtout les femmes et le clergé constitutionnel, réunissent par charrettes entières, lits, chaises, matelas et vêtements. Devant de bons feux ces hommes peuvent se laver, éliminer les parasites et changer de linge. On rase, on coupe les cheveux et les médecins s’affairent. Quelle joie de pouvoir enfin parler à cœur ouvert après ces mois de souffrance.

Malgré les difficultés de ravitaillement et la grande pénurie, la charité des citoyens est admirable ! Saintes est devenue la plaque tournante de la libération. Bien que la liberté du culte soit interdite et toute cérémonie impossible, certains curés, pourront, pendant leur longue période repos, dire la messe avec discrétion, se rétablir et retrouver un peu d’énergie. À partir du 14 avril 1795, les routes de France pourront être à nouveau parcourues, en sens inverse par un nombre réduit de prêtres retournant dans leur village, ou simplement dans la famille, avec deux chemises, quelques mouchoirs, un peu de nourriture et 206 livres d’assignats pour les frais de route. Ils quittent leurs bienfaiteur avec grande émotion, et le cœur plein de reconnaissance. Par gratitude, ils chargent un de leurs confrères de l’exprimer en leur nom par une affiche qui sera apposée sur les murs de la ville « C’est pour nous un devoir sacré de vous témoigner notre reconnaissance pour tous vos bienfaits » affiche conservée par la ville de SAINTES.

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Les Martyrs de la Révolution Française : Claude RICHARD (1) /les-martyrs-de-la-revolution-francaise/ Fri, 02 Sep 2011 14:12:04 +0000 /?p=42067 Claude RICHARD – LEROUVILLE (Meuse) le 19 mai 1741

Mort sur ‘les deux Associés‘ à  ROCHEFORT le 9 août 1794

Inhumé à l’île d’AIX – Béatifié le 1er oct. 1995

Par Maurice POTIER, janvier 2010

Les  Prêtres déportés sur les Pontons de ROCHEFORT, voici deux cents ans, sur le littoral de la Charente-Maritime, furent entassés sur des navires aménagés pour la traite des noirs, pour être exterminés là, faute de pouvoir les éloigner en Guyane. Cinq cent quarante sept sont morts en quelques mois à l’embouchure de la Charente, entre l’île d’Aix et l’île Madame.

En 1989, le deuxième centenaire de la révolution française a suscité de nombreux écrits et ouvrages. Deux d’entre ces écrits sont la source de mes renseignements évoqués dans ce récit : le premier étant celui de l’abbé Yves Blomme, « LES PRÊTRES DEPORTES sur les PONTONS de ROCHEFORT » (Edit. Bordessoules 1994) et le second, un magnifique ouvrage de la société des lettres de Bar-le-Duc qui s’est particulièrement intéressé aux prêtres Meusiens dans les années 1793-1794.

L’Église et la révolution dans la Meuse

En 1789, rien ne laissait présager que le clergé Meusien paierait un aussi lourd  tribut aux évolutions qui se dessinaient.

Dès 1789-1790, les réformes des révolutionnaires ont bouleversé des réalisations et des coutumes vieilles de plusieurs siècles. Avant la révolution les structures du diocèse de Verdun sont très différentes de celles adoptées à  la création du département de Meuse ; en 1790 : 571 paroisses et annexes, certaines dont Bar-le-Duc, Ligny, Commercy et Vaucouleurs sont issues de l’ancien diocèse de Toul, 45 autres proviennent du diocèse de Trèves,  40 du diocèse de Reims, 16 du diocèse de Chalons sur Marne et 12 du diocèse de Metz. Les membres du clergé sont nombreux : 688 curés et vicaires, 436 religieux et 700 religieuses. De grands contrastes existent, d’un côté, le haut clergé très minoritaire, de l’autre, le bas clergé, qui constate  ses différences de ressources et de «  train de vie » avec certains dignitaires (en 1770, Mgr Desnos évêque de Verdun perçoit 75.OOO livres, alors  qu’un curé  ne dispose  que de 6OO à 1200 livres. La richesse de l’église est indéniable ainsi, par exemple, l’Abbaye Cistercienne de Lisle-en-Barrois où 20 à 25 religieux exploitent 1500 hectares de terres et 1800 de forêts qui rapportent 50.OOO livres par an pour une dépense  de l’ordre de 15.OOO livres.

Ce clergé a une grande influence spirituelle sur les populations presque exclusivement catholiques, même, si comme partout, cette pratique a un peu reculé. Les cahiers des doléances du Tiers-Etat, critiquent le haut clergé et la richesse de certains ordres, mais ils témoignent d’un attachement réel à leurs curés.    

Initialement, aucune hostilité fondamentale n’oppose le clergé et les révolutionnaires. De nombreux  ecclésiastiques participent même activement aux évolutions en cours au niveau national ou local. En Meuse, nous apprend-t-on, des membres du clergé deviennent des éléments moteurs des clubs révolutionnaires qui se créent à Bar-le-Duc, à Verdun ou à Ligny.

La première décision fondamentale pour le clergé est l’abolition des privilèges, le 4 Août, d’où, suppression des dîmes, ce qui tarit la source de revenus majeurs de l’église et du clergé. La mise à disposition de la Nation des biens du clergé votée le 2 novembre, mesure proposée par l’évêque Talleyrand, est encore plus forte de conséquences. Cette mesure provoque immédiatement un transfert de propriété sans pareil, en effet, l’administration, dès le 1er trimestre 1791 commence à inventorier les biens de l’église – devenus bien nationaux – pour les mettre en vente : Terres, près, vignes ou bâtiments monastiques, dont certains sont reconvertis en bâtiments administratifs. Les forêts restent propriété d’Etat. Dans les villes, cette vaste mutation foncière provoque une grande  laïcisation du paysage, ainsi, à Bar-le-Duc l’aménagement d’une place publique, en ville basse, sur des terrains occupés par les sœurs de la congrégation Notre-Dame (C’est l’actuelle place Reggio).     

Le 13 Février 1790, les députés votent une décision importante conformément à la demande très fréquemment exprimée dans les cahiers de doléances, les ordres et congrégations sont supprimés. Les religieux et religieuses qui souhaitent continuer à suivre leurs vœux sont regroupés dans des maisons communes dites de « réunion » et ils reçoivent une pension de l’état. Ces mesures bouleversent les assises matérielles des institutions, mais ne témoignent pas d’une hostilité de l’assemblée constituante à la religion. Par leur action, les constituants tiennent surtout à affirmer solennellement la primauté de la Nation dans tous les domaines, y compris religieux.

Le 12 Juillet 1790, les députés votent la constitution civile du clergé sans même que les autorités ecclésiastiques (Pape et Evêques) aient été consultées ; trois changements majeurs :

1/ les diocèses se moulent sur le cadre départemental  nouvellement créé, ainsi nait « l’évêché de la Meuse » dont le siège est fixé à Verdun ;

2/ élection par les citoyens actifs des curés et de l’Evêque du département ;

3/ l’État versera un salaire aux ecclésiastiques assurant une fonction « publique » soit 12.000 livres par an pour un évêque et 1200 Livres par an pour un curé de paroisse. Le Roi approuve ce texte le 24 août, mais l’évêque de Verdun, Mgr Desnos émet de vives réserves, estimant la puissance civile incompétente dans le spirituel.

Les deux facteurs de la radicalisation : Le serment et l’invasion

Le 27 Novembre 1790, l’assemblée constituante exige des ecclésiastiques fonctionnaires qu’ils prêtent un serment solennel dit serment civique constitutionnel (« Je jure de veiller avec soin aux fidèles dont la direction m’est confiée. Je jure d’être fidèle à la nation, à la Loi et au Roi… sous peine d’être considéré comme  démissionnaire… »).

Dans la Meuse, au début de 1791, la grande majorité des ecclésiastiques concernés accepte de prêter serment : ils sont 537 sur un total de 688, soit78% , pourcentage proche de celui de la Marne, de la Hte-Marne et des Vosges, mais sensiblement supérieur à la Meurthe 45%, et à la Moselle 32%. On les nomme  alors prêtres  constitutionnels, ou jureurs, ou assermentés.

Les prêtres meusiens réfractaires au serment (ou insermentés) sont  peu nombreux, 151 sur 688, soit 22%,  y compris ceux qui ont prêté le serment en l’assortissant de réserves. Parmi les réfractaires, figure Mgr Desnos l’évêque de Verdun qui émigre à Trèves, auprès de l’Archevêque, le 21 Janvier 1791. Pour remplacer Desnos, l’assemblée électorale du département désigne Jean Baptiste AUBRY, curé de Véel qui a été élu en 1789 député aux états généraux, et il revient à cet évêque de réorganiser le Diocèse, même si les réfractaires ne voient en lui qu’un intrus.

D’où… Naissance d’un clivage religieux. Jusque là, les désaccords en matière religieuse n’avaient pas abouti à la rupture. Celle-ci s’amorce le 10 mars 1791, avec la décision du Pape Pie VI de condamner la constitution civile du clergé et de suspendre les prêtres jureurs. Le conflit avec l’assemblée est ouvert !!! En juillet 1791, les prêtres réfractaires sont privés de leur traitement et interdits d’exercer des fonctions religieuses en public. Ils gardent cependant la possibilité de célébrer le culte en privé si l’ordre public n’est pas troublé : cette tolérance pose problème lorsque les fidèles sont plus nombreux à l’office du réfractaire qu’à celui du curé jureur.

Bientôt, en réaction aux difficultés qui se posent dans certaines régions de France à propos du serment, les députés de l’assemblée législative qui a succédé à la constituante en octobre 1791, prennent plusieurs mesures contraignantes pour le clergé. Le 6 avril 1792, une loi interdit le port du costume ecclésiastique, sauf pour les offices. Un nouveau serment-dit de Liberté-Egalité est imposé à tous les fonctionnaires publics, y compris les prêtres et… le 20 septembre 1792, pour assurer une bonne tenue des registres paroissiaux, l’assemblée législative transfère leur gestion aux municipalités. Ainsi nait l’état civil, qui s’accompagne du divorce.

La question religieuse prend soudain une tournure dramatique. Après sa fuite et son arrestation à  Varennes, le 21 Juin 1791, Louis XVI a été maintenu sur le trône, mais les tensions ne cessent de s’aggraver. La déclaration de guerre de la France à l’Autriche (20 avril 1792) débouche durant l’été sur l’invasion du pays par les troupes autrichiennes et prussiennes, qui provoque l’arrestation du Roi le 10 Août 1792. A ce moment, incontestablement, l’église romaine, par ses prélats et ses prêtres réfractaires, a choisi son camp, elle souhaite rétablir la monarchie absolue et retrouver la place prééminente qui a toujours été la sienne. Ces choix apparaissent clairement à tous ceux qui vivent dans les régions envahies et notamment aux Verdunois, lorsque leur ville ouvre ses portes à l’ennemi le 2 septembre 1792 sans s’être défendue. Avec les troupes autrichiennes et prussiennes arrive une masse d’émigrés, nobles ou membres du clergé réfractaire, originaires ou non de la région. L’un d’entre eux est l’évêque de la cité, Desnos, qui retrouve son palais épiscopal le 16 septembre et qui procède  illico à la ‘purification’ de sa  cathédrale.

Malgré leur attachement au culte traditionnel, les Meusiens, dans leur grande majorité, ne sont pas disposés à suivre les réfractaires sur leur terrain : sentiment patriotique indéniable, attachement réel aux apports tangibles de la révolution, notamment l’abolition des droits seigneuriaux et le transfert de propriété résultant de la vente des biens du clergé. Les questions liées à la foi et au culte passent donc après la défense du territoire national et les acquis de la Révolution. Au plan national, les députés de la convention, qui remplace l’assemblée législative en septembre 1792 tendent à considérer l’ensemble de la religion et des prêtres, y compris ceux de l’église constitutionnelle, comme étant liés à la « réaction » dès lors  les oppositions s’affirment de plus en plus nettement. Les prêtres qui refusent de lire en chaire les écrits de l’évêque Aubry sont poursuivis et démis, de même que ceux qui lisent les lettres de Mgr Desnos.

Depuis 1789, les grands évènements de la vie publique ont toujours été accompagnés de cérémonies religieuses. Le 14 Juillet 1791, la fête de la fédération  est célébrée à Etain par l’abbé Laurent sur l’autel de la Patrie. En de nombreuses circonstances, on chante le Veni creator ou des Te Deum en présence de la garde nationale  et des officiers municipaux.

Le département  de la Meuse ne souffre pas, dans l’immédiat de la reddition trop rapide de la place de Verdun.  Début 1793, les mesures prises dans la Meuse traduisent  la volonté de mettre au pas l’église, clairement désignée comme force contre-révolutionnaire et c’est dans ce contexte que sont fermées les dernières maisons religieuses : St Vanne à Verdun, les capucins à Etain, la congrégation notre dame à Bar-le-Duc.

Le conseil général évite la dispersion des livres conservés par les maisons  ecclésiastiques, c’est le vicaire de COMMERCY Claude- François DENIS, qui est chargé de leur réunion. Cette période est aussi marquée par les premières saisies d’argenterie dans des églises, le produit étant envoyé à Metz afin d’être transformé en monnaie métallique. Les églises restent cependant ouvertes au culte constitutionnel et aux cérémonies civiques.

La loi du 26 Août 1792 a laissé quinze jours aux prêtres réfractaires et aux prêtres jureurs qui ont émis des réserves ou qui ont rétracté leur serment, pour quitter le pays, sous peine d’être  déportés en Guyane. Une étude a estimé à 200 le nombre de ceux qui ont émigré entre l’automne 1792  et le printemps 1793. Seuls les sexagénaires peuvent demeurer dans une maison de détention (ancien couvent des Carmes à Bar-le-Duc). Ils sont 24  à  vivre  là, le 1er Janvier 1793, dans des conditions lamentables.

Dès l’été 1793, la politique de la Convention se radicalise sous l’influence des Montagnards : c’est la Terreur, une politique qui se veut sans pitié à l’encontre des ennemis de la Révolution. Localement, cette politique a des effets dévastateurs même si au sein de l’administration départementale (ex conseil général) les ex-curés Guery  (de Bar le duc) et Baillot (de Ligny) se montrent moins virulents en action qu’en  paroles, eux qui juraient, par exemple de « désaristocratiser et de déprêtiser » la Meuse.

Ce n’est pas le cas des représentants en mission envoyés dans la région par la Convention : d’abord deux représentants près de l’armée des Ardennes (BÔ en novembre 1793, Massieu de décembre à janvier 1794) et surtout Mallarmé né à Nancy, député de la Meurthe à la Convention, qui a en charge la Meuse et la Moselle entre Janvier et Mai 1794.

En 1793, le contexte est difficile face aux ennemis intérieurs et extérieurs. Une centralisation extrême, et des mesures répressives très vigoureuses, sont la voie choisie au nom de la liberté contre tous ceux qui paraissent menace la République. Être suspect, se voir refuser un certificat de civisme, être dénoncé devant un comité de surveillance peut désormais coûter cher, très cher. Cette attitude ne vise pas que les prêtres, mais aussi les Nobles qui ont voulu rester au pays, ceux qui ont été considérés comme des traitres dans le contexte de l’invasion ou encore les fédéralistes, tels ceux de Verdun qui ont osé réclamer que Paris ait une influence égale et non supérieure aux autres départements et dont plusieurs seront guillotinés Place de la Roche à Verdun. Sont aussi menacés les émigrés, même s’ils sont rentrés, alors que leurs biens ont déjà été saisis. C’est ainsi qu’un prêtre réfugié dans les Ardennes, et porté sur une liste d’émigrés, fut exécuté  à Roches-sur-Meuse (nom révolutionnaire de Saint-Mihiel.)

A partir de Juillet 1793, les révolutionnaires ne s’en prennent plus seulement aux structures religieuses ou au clergé hostile à la révolution. C’est la religion elle-même, qualifiée de « superstition » ou de « fanatisme » qui est visée. Le 5 octobre 1793, la convention adopte le calendrier républicain machine à supprimer les dimanches et les Saints et, le 6 Novembre, les municipalités sont autorisées à supprimer les institutions religieuses qui leur déplaisent, les églises sont transformées en temples de la raison.

Dans les départements, la situation est extrêmement variable, certains des conventionnels envoyés en mission, dont la virulence crée d’importantes différences, sont restés tristement célèbres, ainsi  CARRIER, en Loire-inférieure, l’organisateur des noyades de Nantes ; FOUCHE dans la Nièvre puis à Lyon, auquel ROBESPIERRE reproche d’avoir fait boire un âne dans un calice, et surtout, MALLARME, en Meuse et en Moselle, déprêtrisateur forcené, qui ne veut connaitre aucune distinction entre insermentés, assermentés et même prêtres mariés. A la fin de Novembre 1793, on se plaint que la loi est mollement appliquée au moins dans 28 départements dont la Côte d’Or et la Saône et Loire.

Effrayé par la déchristianisation, ROBESPIERRE tente de relancer des cultes Républicains. Le 7 Mai 1794 (18 floréal an II), il fait instaurer le culte décadaire. Un des 36 Décadi, est consacré à l’Être suprême, et célébré avec faste, à Paris le 20 Prairial an II ou 8 juin 1794. (décadi = 10ème jour de la décade)

Toutes ces mesures antireligieuses ne se limitent pas qu’au spirituel, de nombreuses personnes paient de leur vie la Terreur. En Meuse, le sinistre représentant en mission Mallarmé exerce un pouvoir absolu et envoie à la mort tous ceux qu’il estime coupable de crimes contre la révolution, il est le principal responsable de la répression qui fut fatale à une centaine de prêtres meusiens et à beaucoup de gens de ce département, qui, à ses yeux, a failli au moment de l’invasion, en août-septembre 1792. Son intransigeance lui fait appliquer à la lettre le mot d’ordre : « Que partout les traitres soient découverts et dénoncés » , la religion est particulièrement visée, car, pour lui elle est inconciliable avec la liberté, la vérité et la justice.

C’est alors que les prêtres de MEUSE sont l’objet de toutes les suspicions, même s’ils ont prêté les serments demandés, s’ils ont renoncé à la prêtrise ou sont très âgés .

Cent vingt et un d’entre eux seront déportés à  ROCHEFORT à partir d’avril 1794, en  douze convois, dont le douzième en Août ; quatre vingt six succomberont à leur souffrance sur les PONTONS, appelés la guillotine sèche et deux meurent pendant le trajet. (La majorité de ces déportés étaient  nés en Meuse, d’autres prêtres nés en Meuse et vivant dans un autre département périrent aussi en ces lieux, c’est le cas de Claude RICHARD , né à Lérouville et déporté avec un convoi de la Meurthe. Compte tenu du fait que la grande majorité des prêtres réfractaires avaient émigré, ce sont les prêtres constitutionnels qui furent les plus touchés . MALLARME justifia ainsi son attitude à leur égard : « Terreur aux aristocrates !!!   Haine aux modérés !!! . »

En Meuse, dès la chute des Montagnards, l’évolution est très nette. En Août 1794, la convention a nommé Charles DELACROIX, député de la Marne, en mission dans la Meuse. D’emblée, il affirme vouloir « substituer le règne de la justice à celui de la terreur » et sa première décision est de suspendre l’arrêté de Mallarmé relatif à la déportation des prêtres. Mais c’est seulement en Novembre que les ecclésiastiques meusiens captifs et encore vivants sont transportés à l’hôpital de ROCHEFORT. Les plus valides, libérés, entament le long trajet du retour, à pied, mais resteront sous surveillance municipale.

Cependant, conformément aux directives de la convention, DELACROIX n’envisage pas de restaurer le culte catholique, et favorise les cultes officiels : fêtes décadaires pour extirper les restes du fanatisme, progrès de l’esprit public, connaissance des lois, ralliement des cœurs autour de la convention, centre unique de tous les républicains. Dans l’ensemble boudées, ces pratiques, telles la THEOPHILANTHROPIE, séduisent peu les Meusiens. Malgré leur nombre réduit, les prêtres réfractaires, qui refusent tout serment à la république multiplient les services clandestins de nuit. L’Evêque AUBRY lui-même reste dans l’ombre, attendant des jours meilleurs.

Malgré cette évolution favorable, les temps difficiles ne sont pas terminés, jusqu’au Concordat, les curés réfractaires restent sous la menace de sanctions qui se multiplient notamment dans le nord de la Meuse, après la poussée royaliste aux élections de septembre  1797. Le directoire réactive les mesures antireligieuses. Après le coup  d’état du 18 fructidor, le serment de « haine à la royauté » devient obligatoire. DIX curés de Meuse sont  déportés : SIX dans les iles de Ré ou Oléron et Quatre en Guyane, sept vont rentrer, mais trois meurent outre-Atlantique par suite de mauvais traitements.

La prise de pouvoir par le Général BONAPARTE  en novembre 1799  ne change pas de suite  les rapports entre les autorités politiques et la religion, mais les structures de l’église retrouvent une certaine vigueur – l’Evêque AUBRY se réinstalle dans son palais de  VERDUN. Mais il faut attendre le concordat de 1801 conclu entre le Pape Pie VI et la république française pour que la situation se stabilise et retrouve une organisation proche de celle d’avant les évènements. L’évêque  AUBRY  renonce alors à sa charge et s’installe à  COMMERCY dont il sera le curé de 1803 à sa mort en 1813.

Dans toutes ces évolutions, le tribut payé par les prêtres Meusiens a été fort lourd : une centaine de victimes, la plupart morts en déportation, les autres, guillotinés sous des prétextes divers. De tous les départements, la Meuse est celui qui a payé le prix le plus fort, alors même que son clergé s’était majoritairement engagé dans la voie du serment et du respect de la loi civile.

Nous allons donc maintenant regarder de plus près  quand ces pauvres humains furent déportés, et comment ils furent traités avant de mourir.

NOTE PERSONNELLE : Toutes ses immondes saloperies, n’empêcheront pourtant le salopard de MALLARME, né à Nancy le 25 février 1755, de se sortir indemne de cette immense dégueulasserie après le passage à la guillotine de ROBESPIERRE le 28 juillet 1794 (10 Thermidor an II) mort, qui entraina la fin de la terreur. Mallarmé arrêté le 01-06-1795, fut amnistié. Avocat à Nancy, sous l’Empire, il se refugie à Bruxelles après Waterloo et subsista grâce aux Frères Cellites  de MALINES.) Où donc était ce dieu qu’on dit de justice ?

À suivre…

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Bientôt trois nouveaux saints donnés en modèle à l’Église /bientot-trois-nouveaux-saints-donnes-en-modele-a-l%e2%80%99eglise/ /bientot-trois-nouveaux-saints-donnes-en-modele-a-l%e2%80%99eglise/#respond Mon, 28 Feb 2011 12:58:46 +0000 /?p=42064 Bientôt trois nouveaux saints donnés en modèle à l’Église

ROME, Lundi 14 février 2011 (ZENIT.org) – Trois nouveaux saints, deux Italiens, un archevêque et un prêtre, et une Espagnole, religieuse, seront bientôt canonisés par Benoît XVI.

Cette canonisation sera annoncée lundi prochain, 21 février, à l’occasion du « consistoire » ordinaire public qui sera tenu, à l’occasion de la célébration de l’Office du milieu du jour (sexte).

Ce sont les bienheureux Gui Marie Conforti (1865-1931), Don Luigi Guanella (1865-1931), et Bonifacia Rodríguez de Castro dont les biographies suivent dans les articles ci-dessous.

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Jean-Paul II sera béatifié le 1er mai 2011 /jean-paul-ii-sera-beatifie-le-1er-mai-2011/ /jean-paul-ii-sera-beatifie-le-1er-mai-2011/#respond Mon, 31 Jan 2011 12:06:03 +0000 /?p=42061 Jean-Paul II sera béatifié le 1er mai 2011

Témoin de la miséricorde et ami des hommes

ROME, Vendredi 14 janvier 2011 (ZENIT.org) – Jean-Paul II sera béatifié le 1er mai 2011 au Vatican par Benoît XVI, qui présidera exceptionellement la célébration. Ce géant qui rassemblera à nouveau les foules est un témoin de la miséricorde, un « ami » pour tout homme et un « intercesseur » souligne le P. Lombardi, directeur de la salle de presse du Saint-Siège.

Le titre barre la Une de L’Ossevatore Romano du 15 janvier avec une photo – où domine le rouge – de la vénération de la dépouille de Jean-Paul II par les cardinaux en la basilique vaticane, sous le regard de la statue de l’apôtre Pierre, au lendemain de sa mort. A conduire la procesison, on reconnaît le doyen du collège cardinalice, le cardinal Joseph Ratzinger.

Guérison de Sr Marie-Simon-Pierre

Le pape a en effet approuvé ce matin le décret de la Congrégation pour les causes des saints reconnaissant la guérison inexpliquée scientifiquement de Sr Marie-Simon-Pierre Normand à Aix en Provence, en 2005, comme un « miracle » dû à l’intercession de Jean-Paul II (cf. Documents, Note de la congrégation romaine). Et son porte-parole a annoncé la date choisie par le pape.

Le témoignage de la religieuse a été publié par la revue de la cause de béatification « Totus Tuus ». Elle souffrait, comme Jean-Paul II, de la maladie de Parkinson, arrivée à un stade qui l’handicapait et la faisait souffrir au point qu’elle avait des difficultés à marcher, à dormir et ne pouvait plus conduire. Elle avait demandé à sa supérieure d’être déchargée de ses fonctions : « Jean-Paul II n’a pas dit son dernier mot », lui avait répondu sa supérieure. Elle est aujourd’hui parfaitement guérie.

Le directeur de la salle de presse du Saint-Siège a souligné ce matin que la date du 1er mai manifeste combien le pape Wojtyla est lié à la fête de la Miséricorde divine.

Le dimanche de la Miséricorde est « le jour qui est centré liturgiquement sur les thèmes de la miséricorde », parce que les lectures de la messe évoquent « l’apparition de Jésus au Cénacle, le Cœur ouvert, et l’institution du sacrement de la confession et de la pénitence ». Ce deuxième dimanche de Pâque est en effet « un dimanche où la liturgie parle beaucoup de la miséricorde de Dieu manifestée par le Ressuscité ».

Dieu riche en miséricorde

Il rappelle aussi que le pontificat de Jean-Paul II est profondément lié au thème de la miséricorde : « Jean-Paul II a proclamé ce dimanche – dimanche après Pâques – le Dimanche de la Miséricorde divine. Ce dimanche-là il a canonisé la grande apôtre de la Miséricorde divine, sœur Faustine Kowalska », qui a été la première sainte de l’an 2000, le 30 avril.

Le P. Lombardi a rappelé que le thème de la miséricorde est présent dans de nombreux discours et de nombreux textes du pape Jean-Paul II, en particulier dans son encyclique « Dives in misericordia » : « Dieu Riche en miséricorde » » en date de la fête de saint André, le 30 novembre 1980, troisième année de son pontificat.

Mais le P. Lombardi ajoute que c’est « toute la vie » de Jean-Paul II qui est imprégnée de cette spiritualité » et de cette « théologie » de la miséricorde.

Il cite aussi la fin du voyage en Pologne de 2002, marqué par la consécration à la Miséricorde divine du sanctuaire de Lagiewniki, un des lieux où Sr Faustine a vécu : « A cette occasion, il a confié le monde à la Miséricorde divine ».

C’est peut-être ce qu’a voulu représenter Sr Marie-Paul, bénédictine du Mont des Oliviers et peintre d’icône, qui a réalisé une icône de Jean-Paul II actuellement dans l’oratoire de Radio Espérance à Saint-Etienne et que l’on peut découvrir sur le site en ligne.

Les préparatifs ont commencé

Pour ce qui est des préparatifs concrets de la béatification, le P. Lombardi a annoncé le transfert de la tombe de Jean-Paul II des grottes vaticanes à la basilique, dans la nef de droite après la Pietà de Michel Ange (il n’y aura pas d’exhumation), sous l’autel de la chapelle de Saint-Sébastien. Elle sera ainsi plus accessible aux visiteurs. La tombe de Jean XXIII avait également été transférée pour sa béatification, des grottes à la basilique.

Quant au jour de la fête du futur bienheureux, elle est traditionnellement annoncée le jour de la béatification a fait observer le P. Lombardi. Mais le plus souvent la congrégation romaine pour le culte divin et la discipline des sacrements indique le jour de l’anniversaire de sa « naissance au ciel » : ce serait le 2 avril.

Parfois, pour des raisons pastorales, pour un prêtre ou un évêque, le jour de sa fête marque l’anniversaire de son ordination sacerdotale ou épiscopale ou d’autres dates significatives… Ainsi Jean XXIII est inscrit au martyrologe romain au 3 juin (« naissance au Ciel » en 1963) mais à Rome on le fête aussi le 11 octobre, en l’anniversaire de l’ouverture du concile Vatican II qu’il a convoqué.

Sa foi, son espérance, sa charité

En outre, le P. Lombardi souligne que le pape Jean-Paul II a apporté le Nom du Christ dans toutes les régions de la planète et que la béatification sera la reconnaissance du « caractère exceptionnel de son rapport à Dieu » et de son rôle « d’intercesseur » pour l’homme auprès de Dieu.

A Radio Vatican, le P. Lombardi a précisé que c’est bien « l’approbation par le pape du décret sur un miracle survenu par l’intercession » de Jean-Paul II, qui ouvre la voie à la béatification.

Il faudra la reconnaissance d’un autre miracle survenu à partir de maintenant pour sa canonisation.

« L’Eglise, a expliqué le P. Lombardi, reconnaît que Karol Wojtyla a donné un témoignage éminent et exemplaire de vie chrétienne, est un ami et un intercesseur qui aide le peuple en marche à s’adresser à Dieu et à le rencontrer. Si extraordinaires soient-elles, ce ne sont pas tant les œuvres de Jean-Paul II qui attirent aujourd’hui notre attention, mais leur source spirituelle, sa foi, son espérance, sa charité ».

Faire connaître la miséricorde

Le P. Lombardi rappelle sa prière, sa compassion, sa souffrance : « Les œuvres doivent justement être admirées en tant qu’elles sont l’expression de la profondeur, et de l’authenticité de son rapport à Dieu, de son amour pour le Christ et pour toutes les personnes humaines – à commencer par les pauvres et les faibles -, de son tendre rapport avec la Mère de Jésus. Nous nous le rappelons donc en prière, dans ce recueillement profond et prolongé, dans son désir de célébrer et d’annoncer Jésus rédempteur et sauveur de l’homme, de le faire connaître et aimer par les jeunes et le monde entier ; dans sa façon de s’entretenir avec affection avec les malades et les personnes souffrantes, dans ses visites aux peuples les plus nécessiteux de nourriture et de justice ; enfin, dans son expérience patiente et très vraie de sa souffrance personnelle, de sa maladie vécue dans la foi, devant Dieu et devant nous tous ».

« Sa vie et son pontificat, conclut le P. Lombardi, ont été traversés par sa passion de faire connaître au monde entier dans lequel il a vécu – le monde de notre histoire dramatique à la charnière des millénaires – la grandeur consolante et enthousiasmante de la miséricorde de Dieu : c’est de cela que le monde a besoin. C’est pourquoi, justement, nous aurons la joie de célébrer sa béatification solennelle le jour où lui-même a voulu que toute l’Eglise tourne son regard et sa prière vers cette Miséricorde divine ».

Anita S. Bourdin

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Causes des saints : le pape approuve la promulgation de 16 décrets /causes-des-saints-le-pape-approuve-la-promulgation-de-16-decrets/ /causes-des-saints-le-pape-approuve-la-promulgation-de-16-decrets/#respond Fri, 31 Dec 2010 12:38:19 +0000 /?p=42057 Causes des saints : le pape approuve la promulgation de 16 décrets

ROME, Vendredi 10 décembre 2010 (ZENIT.org) – Benoît XVI a reçu ce vendredi en audience privée le cardinal Angelo Amato, S.D.B., préfet de la Congrégation pour les causes des saints, autorisant cette dernière à promulguer les décrets concernant les miracles, les martyres et les vertus héroïques d’un bienheureux et de 15 serviteurs de Dieu. Parmi eux, on compte 8 Espagnols, 4 Italiens, 1 Brésilienne, 1 Portugaise, 1 Allemand et 1 Libanais. En voici la liste :

Miracles

– Un miracle attribué à l’intercession du bienheureux Guido Maria Conforti, archevêque de Parme et fondateur de la Pieuse Société de saint François-Xavier pour les Missions étrangères ; né à Ravadese (Italie) le 30 mars 1865 et mort à Parme (Italie) le 5 novembre 1931;

– Un miracle attribué à l’intercession du vénérable serviteur de Dieu Francesco Paleari, prêtre de l’Institut Cottolengo ; né à Pogliano Milanese (Italie) le 22 octobre 1863 et mort à Turin (Italie) le 7 mai 1939 ;

– Un miracle attribué à l’intercession de la vénérable servante de Dieu Anna Maria Janer Anglarill, fondatrice de l’Institut des Sœurs de la Sainte Famille d’Urgell ; née à Cervera (Espagne) le 18 décembre 1800 et morte à Talarn (Espagne) le 11 janvier 1885 ;

– Un miracle attribué à l’intercession de la vénérable servante de Dieu Maria Chiara de l’Enfant Jésus (au siècle : Libânia do Carmo Galvão Meixa De Moura Telles e Albuquerque), fondatrice de la Congrégation des sœurs franciscaines hospitalières de l’Immaculée Conception ; née à Amadora (Portugal) le 15 juin 1843 et morte à Lisbonne (Portugal) le 1er décembre 1899 ;

– Un miracle attribué à l’intercession de la vénérable servante de Dieu Dulce (au siècle : Maria Rita Lopes Pontes), sœur professe de la Congrégation des Sœurs missionnaires de l’Immaculée Conception de la Mère de Dieu ; née à São Salvador de Bahia (Brésil) le 26 mai 1914 et morte au même endroit le 13 mars 1992 ;

Martyres

– Le martyre du serviteur de Dieu Luigi Andritzki, prêtre diocésain, né à Radibor (Allemagne) le 2 juillet 1914 et mort au camp de concentration de Dachau (Allemagne) le 3 février 1943 ;

– Le martyre des serviteurs de Dieu Giuseppe Nadal y Guiu, né à Bell-lloc (Espagne) le 25 juillet 1911, et Giuseppe Jordán y Blecua, né à Azlor (Espagne) le 27 mai 1906, prêtre diocésain ; tués à Monzón, en haine de la Foi, durant la persécution religieuse en Espagne le 12 août 1936 ;

– Le martyre des serviteurs de Dieu Antonio (au siècle : Michele Faúndez López), prêtre profès de l’ordre des Frères mineurs, né à La Hiniesta (Espagne) le 23 juillet 1907, et Bonaventura (au siècle : Baltasar Mariano Muñoz Martínez), clerc de l’ordre des Frères mineurs, né dans le district de Santa Cruz (Espagne) le 7 décembre 1912, ainsi que Pietro Sanchez Barba, né à Llano de Brujas (Espagne) le 1er juillet 1895, et Fulgenzio Martínez García, né à Ribera de Molina le 14 août 1911, prêtre du Tiers Ordre séculier de saint François d’Assise, curés, tués en haine de la foi durant la persécution religieuse en Espagne en 1936 ;

Vertus héroïques

– Les vertus héroïques du serviteur de Dieu Antonio Palladino, prêtre diocésain et fondateur de la Congrégation des sœurs dominicaines du Saint-Sacrement ; né à Cerignola (Italie) le 10 novembre 1881 et mort au même endroit le 15 mai 1926;

– Les vertus héroïques du serviteur de Dieu Béchara (au siècle : Sélim Abou-Mourad), prêtre profès de l’ordre basilien du Saint Sauveur des Melchites ; né à Zahlé (Liban) le 19 mai 1853 et mort à Saïda (Liban) le 22 février 1930;

– Les vertus héroïques de la servante de Dieu Maria Elisa Andreoli, fondatrice de la Congrégation des Servantes de Marie réparatrices ; née à Agugliaro (Italie) le 10 juillet 1861 et morte à Rovigo (Italie) le 1er décembre 1935;

– Les vertus héroïques de la servante de Dieu Maria Pilar du Sacré-Cœur (au siècle : Maria Pilar Solsona Lambán), religieuse professe de l’Institut des Filles de Marie religieuses des écoles pieuses ; née à Zaragoza (Espagne) le 22 décembre 1881 et morte à Logroño (Espagne) le 20 novembre 1966.

Marine Soreau

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Le Canada fête la canonisation de frère André /le-canada-fete-la-canonisation-de-frere-andre/ /le-canada-fete-la-canonisation-de-frere-andre/#respond Tue, 30 Nov 2010 15:27:08 +0000 /?p=42053 Le Canada fête la canonisation de frère André

ROME, Lundi 8 novembre 2010 (ZENIT.org) – Près de 50.000 personnes du Québec, du Canada mais aussi des Etats-Unis, se sont données rendez-vous, la semaine dernière, au grand stade olympique de Montréal pour une messe d’action de grâce après la canonisation, le 17 octobre dernier, à Rome, de Frère André, dans le siècle Alfred Bessette, faisant de ce religieux de la congrégation de la Sainte-Croix, le tout premier saint québécois.

C’est l’archevêque de Montréal, le cardinal Jean-Claude Turcotte, qui célébrait la messe, entouré de dizaines de prêtres et d’évêques, venus de tout le pays.

Une soixantaine d’évêques étaient présents ainsi que le premier ministre canadien, Stephen Harper, le premier ministre de la province du Québec, Jean Charest, et le maire de Montréal, Gérald Tremblay.

« L’Église ne canonise jamais quelqu’un uniquement pour ce qu’il a été et pour ce qu’il a vécu autrefois. […] Presque chaque jour, à son bureau, durant des heures et des heures, il tendait l’oreille. […] Après avoir écouté, il réconfortait », a rappelé le cardinal Turcotte dans son homélie.

« Qu’a donc à nous dire frère André ? Qu’a-t-il donc à nous montrer ? », a-t-il interrogé.

« Ce que frère André a à nous dire et à nous montrer, c’est qu’une vie mérite d’être vécue en compagnie de Dieu », a répondu le cardinal. « Ce qui donne goût à la vie et la rend féconde, c’est de la vivre avec Dieu, dans son intimité et dans son amour ».

Des reliques du frère André, dont son cœur, ont été présentées aux fidèles. Les béquilles symbolisant les miracles attribués à saint frère André ont provoqué « les applaudissements les plus nourris », rapporte Radio-Canada.

Le nouveau saint n’attirait pas seulement les catholiques, mais aussi les chrétiens non catholiques ou les fidèles d’autres religions, a expliqué le père Claude Grou, recteur de l’Oratoire Saint-Joseph du Mont Royal, fondé par frère André, au micro de ZENIT, à la sortie de la messe.

Une popularité qu’il devait à sa simplicité, a-t-il expliqué, au fait que les personnes pouvaient s’identifier à lui, comme l’a confirmé pour sa part le père Charles Corso de la congrégation de la Sainte-Croix, racontant que « chaque jour, il recevait près de 300 personnes qui venaient lui confier leurs malheurs et leurs peines, ou lui demander des prières ».

La congrégation de la Sainte-Croix compte aujourd’hui plus de 1.600 membres, actifs dans 16 pays sur 4 continents : Afrique, Amérique, Asie et Europe. Ils travaillent dans le domaine de l’éducation, dans les paroisses ou s’adonnent à d’autres services dont le charisme est centré sur la justice sociale.

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La cause de béatification du card. Van Thuan ouverte dans le diocèse de Rome /la-cause-de-beatification-du-card-van-thuan-ouverte-dans-le-diocese-de-rome/ /la-cause-de-beatification-du-card-van-thuan-ouverte-dans-le-diocese-de-rome/#respond Sun, 31 Oct 2010 13:12:01 +0000 /?p=42047 La cause de béatification du card. Van Thuan ouverte dans le diocèse de Rome

ROME, Dimanche 24 Octobre 2010 (ZENIT.org) – La phase diocésaine de la cause de béatification du cardinal François-Xavier Nguyên Van Thuân, décédé à Rome à l’âge de 74 ans, en 2002, a été ouverte le 22 octobre 2010, au Latran, en la salle de la Conciliation.

Le cardinal vietnamien François-Xavier Nguyên Van Thuân a été vice-président du conseil pontifical Justice et Paix de 1994 à 1998 puis président de 1998 à 2002.

Auparavant, il avait été évêque de Nha Trang, puis il avait été nommé auxiliaire à Ho Chi Min Ville (Saïgon). Après la prise du Sud et l’indépendance du Vietnam,  il a été arrêté par le régime communiste. Il a passé 13 ans en prison, dont 9 en isolement, de 1975 à 1988, sans aucun procès. En 1991, il a été contraint de quitter le pays, c’est alors qu’il fut accueilli à Rome par Jean-Paul II.

La cérémonie a été présidée par le cardinal vicaire Agostino Vallini en présence du cardinal Peter K. A. Turkson, actuel président du conseil pontifical Justice et Paix.

A l’occasion du Ve anniversaire du décès du cardinal Van Thuan, le 17 septembre 2007, le cardinal Renato Raffaele Martino et le personnel du sicastère avaient été reçus à Castel Gandolfo par le pape Benoît XVI, qui a rappelé, dans son allocution, « le lumineux témoignage de foi que nous a laissé cet héroïque Pasteur ».

La cause a été promue par la « Fondazione San Matteo » en mémoire du cardinal Van Thuân et la Fondation des Etats Unis « cardinal François-Xavier Nguyên Van Thuân » qui ont organisé différents événements pour faire connaître le cardinal vietnamien.

Le cardinal Turkson a célébré la messe en mémoire du cardinal Van Thuân , vendredi 22 octobre, à 8 h 30 en l’église Santa Maria della Scala de Rome, en présence de représentants du dicastère et de la famille du serviteur de Dieu.

Les Prix cardinal Van Thuân ont ensuite été décernés, pour la troisième année, à l’université du Latran.

La statuette de saint Matthieu, symbole de cette récompense, a été remise à  M. Juan Somavia, directeur général de l’Organisation internationale du Travail.

La Fondation a promu également le Prix Van Thuân-Solidarité et Développement qui soutient économiquement des réalités humanitaires dans des pays en voie de développement et pour la défense des Droits humains, notamment grâce à l’enseignement social de l’Eglise et la diffusion de l’Evangile.

Les lauréats de cette année sont Mgr Giuseppe Molinari, archevêque de L’Aquila, un prêtre brésilien Marcelo Rossi, la Fondation St. Camille active au Burundi, la communauté haïtienne des Filles de la Charité de Saint-Vincent de Paul.

La journée a été couronnée, en la basilique Saint-Antoine, par un concert-témoignage inspiré par la vie du cardinal Van Thuân intitulé « Témoin d’Espérance », d’après le titre de son livre « Chemins d’Espérance », et rappelant notamment ses 13 ans dans les geôles communistes.

On peut aussi télécharger le texte en vietnamien de la prière pour la béatification sur le site du conseil pontifical Justice et Paix.

Prière

Dieu éternel et tout-puissant,

Père, Fils et Saint Esprit,

je te rends grâce d’avoir donné à l’Église

le témoignage héroïque

du Cardinal François-Xavier Nguyên Van Thuân.

Son expérience douloureuse de la prison,

vécue en union avec le Christ crucifié

et sous la protection maternelle de Marie,

a fait de lui, pour l’Église et le monde,

un témoin lumineux de l’unité et du pardon,

de la justice et de la paix.

Sa personne aimable et son ministère épiscopal

irradièrent la lumière de la foi,

l’enthousiasme de l’espérance

et l’ardeur de la charité.

Accorde-moi, par son intercession,

et selon ta volonté,

la grâce que j’implore de ta miséricorde,

dans l’espérance

de le voir très prochainement élevé

à la gloire des autels.

Amen.

Avec approbation ecclésiastique

+ Giampaolo Crepaldi

16 septembre 2007

Toute personne ayant reçu une grâce ou ayant bénéficié d’un miracle est priée d’en informer la Postulation de la Cause, à l’adresse du Conseil pontifical « Justice et Paix » – Palazzo San Calisto – 00120 Cité du Vatican

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Benoît XVI salue en Alfonsa Clerici, un témoin de la « charité parfaite » /benoit-xvi-salue-en-alfonsa-clerici-un-temoin-de-la-%c2%ab-charite-parfaite-%c2%bb/ /benoit-xvi-salue-en-alfonsa-clerici-un-temoin-de-la-%c2%ab-charite-parfaite-%c2%bb/#respond Sun, 31 Oct 2010 12:57:20 +0000 /?p=42043 Benoît XVI salue en Alfonsa Clerici, un témoin de la « charité parfaite »

Béatification samedi 23 octobre à Verceil

ROME, Mardi 26 octobre 2010 (ZENIT.org) – Benoît XVI salue en Alfonsa Clerici, béatifiée samedi dernier, 23 octobre à Verceil, en Italie, un témoin de la « charité parfaite ».

Le pape a évoqué la nouvelle bienheureuse après l’angélus de dimanche, 24 octobre, en disant, en italien : « Je suis heureux de rappeler qu’hier, soeur Alfonsa Clerici – de la congrégation de précieux Sang de Monza – a été proclamée bienheureuse ».

Le pape a souligné qu’elle était « née à Lainate, près de Milan, en 1860 », et qu’elle est « morte à Verceil en 1930 ».

« Rendons grâce à Dieu pour notre soeur qu’Il a conduite à la charité parfaite », a ajouté le pape.

C’est le préfet de la Congrégation pour les causes des saints, Mgr Angelo Amato, SDB, futur cardinal, qui a représenté le pape Benoît XVI et a présidé la célébration eucharistique, en la cathédrale de Verceil.

Née le 14 février 1860, Alfonsa était la dernière des dix enfants d’Angelo Clerici et de Maria Romanò qui formaient une famille chrétienne cohérente avec sa foi. Quatre de ces enfants répondirent à l’appel du Christ : Alfonsa, une sœur et deux de ses frères.

C’est grâce à une tante qu’Alfonsa put s’inscrire au Collège du Précieux Sang de Monza où elle obtint le diplôme d’institutrice et elle commença à enseigner pour soutenir sa famille. Quatre ans plus tard, elle entra au noviciat des sœurs, en 1883. Devenue directrice d’école, elle fait preuve de sagesse et de prudence, sauvant les finances de l’institut.

En 1906, l’évêque de Verceil, Mgr Teodoro Valfré di Bonzo, lui demanda d’assumer la direction d’une maison d’éducation pour petites filles et jeunes filles pauvres, la « Retraite de la Providence ». Une charge qu’elle exerça, à Verceil, pendant 19 ans, jusqu’à sa mort.

On rapporte qu’elle était remarquable par sa « pédagogie de la douceur », notamment avec les caractères les plus difficiles. Sa bonté, et son souci de la formation humaine et spirituelle des élèves, de sa sollicitude pour les plus nécessiteux, étaient en effet un signe de sa « communion avec Dieu ». Elle est décédée après une hémorragie cérébrale le 14 janvier 1930.

La Congrégation du Précieux Sang, fondée par Mère Maria Matilde Bucchi et reconnue canoniquement en 1876, compte actuellement environ 500 sœurs, en Italie, au Brésil, au Kenya et au Timor oriental. En 2011 une communauté sera inaugurée en Birmanie, à Yangoon, avec des sœurs birmanes.

Anita S. Bourdin avec Radio Vatican

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