Kateri Tekákwitha
Bienheureuse Kateri Tekákwitha
Le « Lys des Agniers »
Fête le 17 avril
Ossernenon (Auriesville, NY) 1656 – † Caughnawaga [Kahnawake], Québec, 17 avril 1680
Béatifiée le 22 juin 1980 par le Pape Jean-Paul II
Autres mentions : 25 mars et 14 juillet (USA)
Autres graphies : Tekákwitha [Tegakwitha, Tegakouita] Catherine, en iroquois Kateri
La bienheureuse Kateri Tekakwitha, jeune laïque iroquoise, est née en 1656 selon certains à Turtle Castle d’Ossernenon (Auriesville, État de New-York), selon d’autres au village de Gandaouge, d’une mère algonquine chrétienne et d’un père ânier. En 1660, une épidémie de petite vérole lui enleva ses père, mère et petit frère. La petite échappa à la mort, mais la maladie lui laissa la vue affaiblie et le visage grêlé. Avec les autres survivants, elle s’installa un peu plus à l’ouest de son village natal et plus tard sur la rive nord de la Mohawk. Dès l’âge où les jeunes Amérindiennes pensaient aux fiançailles, son oncle, un des chefs du village, ainsi que ses tantes lui cherchent un mari convenable. Consternation des siens : elle ne voulut épouser aucun des prétendants. Bientôt gronda la colère, ses parents usèrent de ruse et de force pour la fléchir, rien n’y fit. Son seul désir : recevoir le baptême. En 1675, Jacques de Lamberville, jésuite, prit la direction de la Mission Saint-Pierre, de Gandaouagué. La jeune fille lui confia le secret de son cœur – devenir chrétienne ! Cependant, le P. de Lambertville, tout en admirant sa simplicité et sa foi, l’obligea de suivre la voie ordinaire des catéchumènes. Six mois plus tard, le dimanche de Pâques, le missionnaire la baptisa. Elle avait vingt ans. Ce fut un grand jour au village. La petite chapelle regorgea de monde. Douce et charitable, Kateri s’était gagné l’affection de tous. Jusqu’alors, on l’appelait Tekakwitha. Au baptême elle reçut le nom de Catherine, en iroquois Kateri. Née à Ossernenon (Auriesville), où les saints Issac Jogues, René Goupil et Jean de la Lande avaient versé leur sang pour la foi, elle reçut le baptême à Gandaouagué (Fonda). Au cours de l’automne 1677, pour éviter la persécution, elle s’évada de son canton ânier pour aller vivre à la mission Saint-François-Xavier sur le Saint-Laurent. Le P. de Lamberville lui confia une lettre pour le P. Jacques Frémin, supérieur : « C’est un trésor que nous vous donnons, écrivit-il, comme cous le reconnaîtrez bientôt. Gardez-la donc bien… » Le P. Frémin se rendit vite compte qu’elle était bel et bien un trésor. Sa douceur foncière, sa bonne humeur et même un certain humour gagnèrent rapidement le cœur de toute la population. Chaque matin à quatre heures et ensuite à sept heures, elle assistait à la sainte messe. En tout elle était aussi fidèle que les étoiles du firmament. Par ignorance, cependant, elle se laissait aller à des mortifications excessives jusqu’à ce que son confesseur lui ait enjoint de les modérer. Il avait bien compris, pourtant, que ces pénitences étaient le fruit de son amour très vif pour le Seigneur Jésus et sa sainte Mère et pour son prochain., quel qu’il fût. Elle faisait ses délices de la prière, surtout devant le Saint-Sacrement; à cette époque les églises étaient ouvertes à tout venant. Détail intéressant, jamais elle ne se livrait à la contemplation quand, dans sa cabane ou aux champs, le travail lui incombait. Quelques mois après son arrivée, le jour de Noël 1677, on permit à Kateri de faire sa première Communion. Dès lors, elle progressa comme un cerf qui se hâte vers les sources d’eau vive. Cette jeune Amérindienne illettrée parvint même ici-bas à ce que les théologiens nomment « l’union divine ». Avec quelques amies, elle songea alors à fonder une communauté de religieuses indigènes, mais son directeur spirituel, persuadé qu’elle était trop jeune dans la foi pour une fondation de telle sorte, l’en dissuada. Il ne faut pas se surprendre qu’environ quarante ans plus tard, sa biographie traduite en espagnol facilita l’établissement des premières clarisses amérindiennes au Mexique, parmi lesquelles une descendante de l’empereur Montezuma.
Le 25 mars 1679, le P. Frémin permit à Kateri Tekakwitha de faire voeu de virginité, voeu qu’elle dût garder héroïquement (calomnies) et de se consacrer à Notre Dame qu’elle aimait éperdument.
Au début de 1680, sa santé qui n’avait jamais été florissante s’altéra davantage à la suite d’une course avec des compagnes à Laprairie, quelques kms en aval du Saint-Laurent, par un froid à pierre fendre. Le mardi de la Semaine Sainte, elle reçut le saint Viatique (sacrement des malades). On a retenu son regret que la seule robe qu’elle possédait ne fût pas convenable, à son avis, pour accueillir son Bien-Aimé. Le lendemain, elle ne s’opposa pas au départ de ses compagnes pour la cueillette du bois de chauffage et les assura qu’elle ne mourrait pas avant leur retour. Il en fut ainsi. Un peu après trois heures en murmurant : « Jésus, Marie », elle alla à la rencontre du Seigneur. Elle avait vingt-quatre ans. En moins d’un quart d’heure son visage devint d’une beauté à ravir les missionnaires et tous les siens.
Grâce à son intercession, partout à travers la Nouvelle-France, les Amérindiens et les colons commencèrent presque aussitôt à obtenir du Ciel des faveurs, voire des miracles. Faudrait-il s’étonner alors que les biographies de la Bienheureuse Kateri Tekakwitha aient paru en quatorze langues différentes ? Ainsi se perpétua son souvenir à travers le monde.
Le 3 janvier 1943. S.S. Pie XII déclara Kateri « Vénérable », proclamant qu’elle avait héroïquement pratiqué les vertus chrétiennes. De tous côtés, on continua d’implorer son aide.
En 1972, le tombeau de la vénérable est installé dans l’église de Kahnawaké (Québec). Mgr Coderre préside à la translation des reliques.
En 1980, tricentenaire de son entrée au Ciel, le pape Jean-Paul II décida que le temps était enfin venu de l’élever au rang des Bienheureux de la sainte Église catholique romaine.
Le 17 avril 1983, Kateri Tekakwitha est nommée seconde patronne de l’église de la mission, et celle-ci est déclarée Sanctuaire de Kateri. La fête liturgique de la bienheureuse Kateri Tekakwitha tombe le 17 avril au Canada, date de sa « naissance au ciel », et le 14 juillet aux Etats-Unis.
