Martyrs et Saints

La Liste des Saints

Nicolas Cabasilas

Saint Nicolas Cabasilas

Laïc byzantin du XIVe siècle

Fête le 20 juin

Église grecque

Thessalonique v. 1319 / 1325 – † v. 1399

Canonisé en 1983

Ce laïc byzantin du XIVe siècle, que Bossuet considérait comme « un des plus solides théologiens de l’Église grecque », nous est plus connu par ses écrits que par sa vie. Il est né à Thessalonique entre 1319 et 1325, au moment où le monachisme est en pleine expansion au mont Athos. Mais les débats théologiques sur la « déification » enflamment les esprits. Le moine Grégoire Palamas devient le champion de l’orthodoxie, et Cabasilas se situe dans la même ligne, allant jusqu’à passer une année auprès de son maître sur la sainte montagne. Esprit curieux, il s’intéresse à la philosophie de l’Antiquité grecque, à la théologie latine. En 1345, il est l’un des deux ambassadeurs envoyés par la ville de Thessalonique à Berrhée, pour faire allégeance auprès de Manuel Cantacuzène. On le retouve parmi les familiers de l’empereur, qui le considère comme un homme « ayant atteint le sommet de la sagesse ». Devant le redoublement des controverses, Nicolas se retire et rédige ses deux ouvrages majeurs, « L’explication de la Divine Liturgie » et « La Vie en Christ ».

Le premier est un commentaire méthodique et doctrinal du déroulement de la liturgie byzantine. Car la liturgie est, pour ce laïc, le lieu d’enracinement de toute expérience chrétienne. Il développe cette conviction sacramentelle dans son deuxième livre, une remarquable méditation centrée sur le Christ. Chaque sacrement incorpore davantage au Christ, surtout l’Eucharistie, « mystère dernier » au-delà duquel « il n’est rien vers quoi on puisse tendre ». Dans cette théologie du Corps du Christ, Cabasilas complète l’image du Christ-tête par l’image du Christ-cœur de l’Église. Cœur qui aime, le Christ est le principe de notre vie.

Nicolas fait de bonnes études à Thessalonqiue, sous la houlette de son oncle Nil, et dans la mouvance du mouvement hésychaste qui s’épanouit dans les derniers siècles de l’empire byzantin : dans Thessalonique même, si proche du mont Athos, de saints moines enseignent aux laïcs la prière intérieure et le recueillement. Nicolas est juriste. Lorsque le ministre Jean Cantacuzène prend le pouvoir sous le nom de Jean VI, il prend pour conseiller un noble Thessalonicien, Dèmètrios Kydonès, et ce dernier fait engager avec lui son ami d’enfance Nicolas. Tous trois (l’empereur et les deux enfants de Thessalonique) formeront un trio animé autant par la soif de Dieu que par le souci des affaires de la cité. En 1354, à l’issue d’une guerre civile, Jean VI doit abdiquer. Dèmètrios continue sa carrière politique. Nicolas, lui, se retire du monde. Il passera le reste de sa vie à réfléchir et à décrire dans divers traités la vie mystique au milieu du monde. Le patriarcat de Constantinople a reconnu officiellement sa sainteté en 1983.

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