Yves Nicolazic
Le Serviteur de Dieu Yves Nicolazic
Le voyant de sainte Anne
Fête le 13 mai
village de Keranna, paroisse de Pluneret, env. d’Auray [Morbihan], 1591 – † 13 mai 1645
Autre graphie : Iwan Nikolazig
Un jour d’août 1623, Yves Nicolazic, paysan pieux de Ker-Anna (Sainte-Anne d’Auray, env. d’Auray, Morbihan) , vit une aventure étrange dans son sommeil ; il est réveillé par une lumière éblouissante, qui, lorsqu’elle disparaît, laisse place à une main tenant un flambeau. Ce phénomène se reproduit plusieurs fois jusqu’en 1625, date à laquelle il découvre, en suivant le flambeau de lumière, dans le champ du Bocenno, une statue en bois polychrome mal dégrossie. Dès le 25 juillet 1625, l’évêque de Vannes, Monseigneur de Rosmadec posa la première pierre d’un sanctuaire élevé l’honneur de sainte Anne, la mère de la Vierge.
Le corps de Nicolazic repose dans une des chapelles de la basilique.
« En l’an de grâce 1625 a jailli de la terre du Bocénno le plus beau miracle de la réforme catholique, en Bretagne : le pèlerinage de Sainte-Anne-d’Auray »… Yves Nicolazic, c’est un paysan relativement aisé, né en 1591, résidant au village de Keranna (rebaptisé plus tard Sainte-Anne-d’Auray), paroisse de Pluneret. Il est marié à Guillemette mais se désespère d’avoir des enfants. Il vit dans une chaumière classique du pays vannetais. Nicolazic se fait surtout remarquer par sa grande piété. En particulier, il communie aux offices du dimanche, alors qu’à l’époque, bien souvent, les paroissiens ne communiaient qu’une fois l’an. C’est sur un site voisin, au Bocénno, que sainte Anne lui confiera sa mission. Il y découvrira la fameuse statue.
« Bocénno » évoque en breton un champ de buttes, difficile à cultiver. On y a retrouvé d’ailleurs des vestiges gallo-romains : signe explicatif d’une ancienne chapelle, dont sainte Anne lui dira qu’elle a été détruite 924 ans auparavant.
Tout commence en août 1623. Nicolazic aperçoit une mystérieuse clarté, et un flambeau de cire tenu par une main, qui va l’accompagner pendant plusieurs mois. Un autre soir, il verra une mystérieuse dame blanche. Mais la plus importante apparition intervient le 25 juillet 1624, veille de la fête de sainte Anne : sainte Anne se présente et lui donne la mission d’édifier une chapelle en son honneur, parce que, dit-elle, « Je suis Anne, mère de Marie. Dites à votre recteur que, dans la pièce de terre appellée le Bocenno, il y a eu autrefois, même avant qu’il y eut aucun village, une chapelle dédiée en mon nom. C’était la première de tout le pays : il y a 924 ans et six mois qu’elle a été ruinée. Je désire qu’elle soir rebâtie au plus tôt et que vous en preniez soin. Dieu veut que j’y sois honorée. » Nicolazic se heurte à l’incrédulité et à l’opposition du curé de Pluneret et va même se retrouver en butte avec sa famille.
La découverte de la statue, au Bocénno, dans la nuit du 7 au 8 mars 1625, va bousculer l’opinion. Les questions s’accumulent, alors que le culte de sainte Anne commence à se développer. Nicolazic fait l’objet d’interrogatoires prolongés, jusque par Mgr de Rosmadec, l’évêque. Finalement, celui-ci sera convaincu, car Nicolazic ne varie pas, alors que tant de pèlerinages ont parfois disparu sitôt créés. Le voyant supporte les épreuves et le premier grand pèlerinage a lieu le 26 juillet 1626 à Keranna.
Yves Nicolazic se mettra à la tâche : il mettra trois ans à construire le sanctuaire. Le 4 juillet 1628, la basilique dont il a assuré le financement et suivi les travaux, recevra une bénédiction solennelle.
Nicolazic, lui, se dépensera sans compter. Il mourra le 13 mai 1645. Une fois la chapelle édifiée, il se retirera dans sa métairie, aura quatre enfants, naissances interprétées comme une bénédiction du ciel. Il gardera humblement une cellule au monastère des carmes, où il viendra prier souvent, menant une vie exemplaire jusqu’à la fin.
