Loup de Limoges

Saint Loup de Limoges

Évêque de Limoges (Haute-Vienne)

Fête le 22 mai

Église de France

† 22 mai 632

Ce dignitaire ecclésiastique, responsable du sanctuaire de saint Martial, fut élu évêque de Limoges au début du VIIè siècle et approuva la fondation de la lignée. Enseveli à Saint-Martial, son corps fut transféré le 6 septembre 1158 à Saint-Michel-des-Lions ; la foire du jour de sa fête propagea son culte qu’entretient toujours une confrérie à son nom.

Saint Loup était un prêtre du diocèse de Limoges, remarquable par la sainteté de sa vie, qui vivait au Vlle siècle. Il était marguilier, c’est-à-dire qu’il avait la charge du rôle des clercs, des veuves et des pauvres, qu’il fallait entretenir, des biens de l’Église. Il fut en outre chargé de la garde du tombeau de Saint Martial. Il était important de choisir, pour cette fonction, un homme qualifié pour préserver le précieux trésor des reliques de l’Apôtre d’Aquitaine. Asclépicodorus, ou mieux Saint Asclèpe, Évêque de Limoges, mourut le 23 décembre 613, il fallait lui donner un successeur ; suivant l’usage de 1’époque, le clergé et le peuple s’assemblèrent pour nommer ce successeur. Il y eut de nombreuses compétitions, chacun invoquant les uns la naissance, les autres la capacité, les mérites ou les services rendus. L’accord ne put se faire et les électeurs, désespérant d’aboutir, prièrent au tombeau de Saint Martial qui leur inspira une détermination. On décida qu’on laisserait le choix de l’Évêque au Roi Clotaire II en lui envoyant deux prêtres distingués entre lesquels il ferait son choix, lui demandant de donner un bon Évêque au diocèse de Limoges. L’un d’eux, qui avait obtenu beaucoup de suffrages, était Saint-Loup ; on n’a pas conservé le nom de l’autre ecclésiastique. Saint-Loup, dans son humilité, refusa longtemps d’aller à la Cour. Il n’obéit que par vertu, à l’insistance de ses supérieurs. Loup ne se distinguait, ni par sa noblesse, ni par l’éclat de ses vêtements. Il éprouva même de sérieuses difficultés auprès des courtisans pour avoir accès à la Cour. Mais Dieu veillait sur son élu et la protection de Saint Martial ne l’abandonnait pas. Le fils du Roi Clotaire fut en ce moment saisi d’une fièvre violente, en face de laquelle les secours de la science furent déclarés impuissants par les médecins. Dans son désespoir, la Reine se confia à Dieu, elle eut recours aux mortifications et à la prière ; après un jeûne de trois jours, elle a en songe une vision : un prêtre célébrait la Sainte Messe auprès du malade et lui donnait la Communion après laquelle il recouvrait la santé. La Reine, hantée de ce rêve, fit une description fidèle et détaillée du prêtre qui lui était apparu. Grâce à la précision de ses renseignements, on le retrouva promptement, c’était Saint Loup. La Reine l’introduisit dans la chambre du malade. À sa demande, il y célébra la messe et donna la Communion au jeune Prince qui fut immédiatement guéri. Le songe était devenu une heureuse réalité. Cet éclatant miracle attira l’attention du Roi sur notre Saint en y voyant une indication du Ciel ; il n’hésita pas à le choisir pour Évêque de Limoges. Avant de l’envoyer dans son diocèse, il le combla de présents. D’après le Pouillé du diocèse, Saint Loup fut sacré le 12 mai 614. Le nouvel Évêque de Limoges ne trompa pas les espérances qu on avait conçues à son sujet. Son élévation ne fit qu’augmenter sa sainteté. Il gouverna son diocèse avec amour, religion et piété. Son épiscopat fut marqué par la fondation du Monastère de Solignac, c’est lui qui signa, le 22 septembre 631, la charte de cette fondation que l’on doit à Saint Éloi. Il accorda sa signature à Saint Éloi en même temps que d’autres Évêques. Saint Loup décéda peu après, le 22 mai 632. Son corps fut enseveli avec beaucoup de pompes, dans la basilique de Saint Martial. De nombreux miracles eurent lieu à son tombeau et il devient lieu fréquent de pèlerinages. Chaque année, le 22 mai, l’affluence s’y faisait nombreuse. Les restes de Saint Loup furent conservés dans l’église de Saint-Martial jusqu’en 1158. À cette époque on avait été obligé de faire quelques réparations aux murailles de la basilique en touchant le tombeau. L’Évêque, Gérald II, résolut de lever de terre le corps de Saint Loup pour l’offrir à la vénération des fidèles. Les ossements furent placés dans une châsse de cuivre doré et les reliques furent portées en procession et avec une grande solennité, dans l’église de Saint-Michel-des-Lions, où on avait érigé un autel pour le recevoir. Le nombre des pèlerins devint encore plus considérable et les miracles fréquents.