Lucien Bunel

Vénérable Lucien Bunel

Carme déchaux normand martyr

Fête le 2 juin

OCD

Barentin, Seine-Maritime, 29 janvier 1900 – † Linz, Haute-Autriche, 2 juin 1945

Autre graphie : en religion le père Jacques de Jésus

Né à Barentin, en Seine-Maritime, le 29 janvier 1900, d’Alfred Joseph Bunel (1871-1943) et de Zoé Pauline Pontif (1868-1952), Lucien Louis Bunel est baptisé le 24 février. A 12 ans, il déclare à ses parents qu’il veut être prêtre. Dans un premier temps, ses parents refusent. Mais devant la détermination de Lucien qui pour les aider ira jusqu’à quêter, ils comprennent et acceptent sa vocation. En octobre 1912, il entre à l’institution Saint Romain, petit séminaire de Rouen où on le juge « forte tête » et où ses professeurs apprécient son ardeur au travail, mais nullement « son caractère ». Déjà, il prie. En octobre 1919 il entre au grand séminaire de Rouen, son recueillement et sa piété frappent ses condisciples. En mars 1920, il interrompt ses études pour effectuer son service militaire au Fort de Montlignon dans le Val d’Oise à 20 km au nord de Paris (dans le 82ème régiment d’artillerie lourde). Là, il crée un cercle d’études et organise un patronage. Il est attiré par une vie de silence et de solitude. Il désire entrer à la trappe de Soligny, mais le temps n’est pas venu ; il retourne au séminaire. Le 23 février 1922, Lucien reçoit la tonsure. Le 7 juillet 1923, il est institué portier et lecteur. Le 22 février 1924, il est institué exorciste et acolyte. Le 12 juillet 1924, il est ordonné sous-diacre. En septembre 1924, il est nommé surveillant à l’institution libre Saint Joseph du Havre. Il continue ses études de philosophie et de théologie. Le 20 décembre 1924, il est ordonné diacre. Le 11 juillet 1925, il est ordonné prêtre par Monseigneur André du Bois de la Villerabel, archevêque de Rouen. Pendant six ans, d’octobre 1925 à août 1931, il continue sa tâche d’éducateur an Havre, comme surveillant, professeur d’anglais, d’instruction religieuse, directeur spirituel, aumônier scout. Dévoué, il est aimé de tous, et a une grande influence sur tous les jeunes qu’il côtoie ; mais, demeure en lui un désir insatisfait. En 1927, il entre en contact avec le Carmel du Havre. Il a fait deux retraites à la trappe de Notre-Dame de Port-du-Salut et se croit appelé à la vie cistercienne. Cependant, pendant son sous-diaconat, il est surveillant, puis, après son ordination, professeur. C’est un extraordinaire pédagogue, un fin psychologue. Son rayonnement spirituel s’accroît. L’influence de la prieure du carmel du Havre et une retraite au couvent d’Avon fin juillet 1928 l’orientent définitivement vers le Carmel. A son retour, l’archevêque de Rouen, Monseigneur du Bois de La Villerabel, refuse son entrée chez les Carmes. En août 1929, retraite au Petit-Castelet et le 13 septembre 1929, nouveau refus de Monseigneur l’Archevêque qui lui demande de revenir dans le diocèse pour la rentrée scolaire. Et ce n’est qu’en 1931 qu’il peut entrer au noviciat au couvent des déchaux de Lille. Deux ans plus tard, épuisé nerveusement, il écrit : « Si Dieu le veut, je veux bien rester toute ma vie un pauvre type ». Il sera tout autre chose. Dieu veut qu’il devienne grand. Ses supérieurs le chargent de fonder et de diriger un petit collège à Avon. C’est l’Occupation. Le Père Jacques ouvre son collège à de jeunes réfractaires, recueille trois enfants israélites. Il sait ce qui l’attend. Il est arrêté en plein cours par la Gestapo. De Fontainebleau, il est transféré le 6 mars 1944 au camp de rassemblement de Compiègne où il obtient l’autorisation de « faire le catéchisme ». Il donne des conférences dans la chapelle. Il arrive à la fin d’avril au camp de Mauthausen et, de là, il est affecté au camp de Güsen. Là encore le zèle le dévore. Vers Pâques 1945, il parvient à célébrer la messe en cachette. Rien ne l’arrête. Au début de 1945, la situation s’aggrave. Les rations insuffisantes sont encore diminuées. Ce sont des scènes atroces qui précèdent la débâcle. Le 5 mai arrivent enfin les premiers chars américains. Pour le Père qui travaille jusqu’à dix-huit heures par jour c’est trop tard. Il est transporté à Linz. Le 2 juin, à 11 heures 30 du soir, il expire doucement, sans faire un geste, sans laisser échapper un cri.