Martyrs Polonais (Les 108)

Bienheureux Martyrs Polonais (Les 108)

108 Martyrs de l’Église Polonaise

Fête le 12 juin

† entre 1939 et 1945

Cf. Martyrs de Pologne

Béatifiés le 13 juin 1999

La cause de béatification des 108 martyrs, victimes de la persécution de l’Église en Pologne dans les années 1939-1945 de la part des nazis, a été introduite de façon formelle et seulement en 1992. En réalité, ses origines remonte aux premières années de la Deuxième Guerre mondiale. La renommée de la sainteté et du martyre de plusieurs des 108 nouveaux bienheureux, les grâces attribuées à leur intercession, ont attiré plusieurs fois l’attention des diocèses et des familles religieuses sur la nécessité d’initier les causes de béatification pour le martyre. Il convient de rappeler, par exemple, les cas de l’archevêque Julian Antoni Nowowiejski, l’évêque Leon Wetmanski, le père Henryk Hlebowicz, le père Henryk Kaczorowski avec le groupe des prêtres de Wloclawek, le père Jozef Kowalski, salésien, le frère Jozef Zaplata de la Congrégation des Frères du Sacré Cœur de Jésus.

Ensuite vient la béatification de l’évêque Michal Kozal (Varsovie, 1987). Durant la discussion sur le martyre de l’évêque Michal (camp de concentration de Dachau), dans la Congrégation pour les causes des saints, est arrivée immédiatement la demande de commencer un procès à part qui concerne tous ceux qui furent compagnons de l’évêque martyr et qui ont offert ensemble le témoignage de leur foi.

Le procès, de la part de la conférence de l’épiscopat polonais, fut lancé et présidé par l’évêque du diocèse de Wloclawek, lequel durant la persécution avait en pourcentage, les plus grandes pertes parmi le clergé diocésain en Pologne. Le jour de l’ouverture du procès à Wloclawek, le 26 janvier 1992, jour-anniversaire de la mort du bienheureux martyr Michal Kozal, 92 martyrs des divers diocèses et familles religieuses ont été pris en considération. Le nombre des candidats a commencé à changer avec l’insertion de quelques nouveaux candidats et l’exclusion d’autres à cause de l’insuffisance du matériel de preuve du martyre, considéré dans le sens théologique. Enfin, le nombre des martyrs s’est fixé à 108 personnes auxquelles fut infligée la mort par la haine de la foi (in odium fidei) en divers endroits et circonstances.

Les documents du procès, remplirent 96 000 pages et furent consignés, en 1994, pour l’examen de la Congrégation pour les causes des saints au Vatican. L’étude successive, très intense, a permis de parvenir, dès le 20 novembre 1998, à la discussion théologique envers le martyre. Son résultat positif ajouté à celui du Congrès des Cardinaux et des Évêques, le 16 février 1999, ont ouvert le chemin à la béatification, réalisé par le Saint Père, le 13 juin 1999, à Varsovie, durant son voyage apostolique en Pologne.

Les 108 martyrs proviennent de 18 diocèses et de 22 familles religieuses. Il y a des prêtres, des religieuses et des laïcs dont la vie, entièrement dédiée à la cause de Dieu, et dont la mort, infligée par la haine à la foi portèrent l’empreinte de l’héroïsme. Parmi eux, il y a trois évêques, 52 prêtres diocésains, 26 prêtres religieux, 3 séminaristes, 7 frères religieux, 8 soeurs et 9 laïcs. Ces proportions numériques sont liées au fait que le clergé fut le principal objet de la haine de la foi de la part des nazis de Hitler. On voulait faire taire la voix de l’Église retenue comme obstacle à l’instauration d’un regime fondé sur une vision de l’homme privé de la dimension surnaturelle et traversé de haine violente.

Dans l’ensemble des 108 Martyrs il y a toutes les composantes de l’Église, c’est-à-dire, évêques, clergé diocésain, religieux et laïcs. Un représentant de chacune de ces catégories figure dans le titre de la cause de béatification.

Le groupe des évêques commence avec l’évêque de Plock, l’archévêque Antoni Julian Nowowiejski, un illustre professeur de liturgie, pasteur zélé, tué dans le camp de concentration à Dzialdow. Le clergé diocésain est représenté par le père Henryk Kaczorowski, recteur du séminaire théologique de Wloclawek, homme de science et de bonté, un grand éducateur de prêtres, porté hors du camp de Dachau et mort dans la chambre à gaz. Comme représentant des familles religieuses, il y a un capucin, le Père Anicet Kopalisnki, l’apôtre de la charité à Varsovie. Il avait voulu affronter ses souffrances avec la prière, en imitant le Maître de Nazareth ; lui aussi est mort dans la chambre à gaz dans le camp d’Auschwitz. Il y a enfin les laïcs. En première position, est indiquée parmi eux Marianna Biernacka, fusillée près de Grodno, une femme simple. Dans l’élan de la charité, elle avait offert sa vie spontanément, pour sauver sa belle-fille, enceinte et destinée à la mort, et la vie du bébé qui devait bientôt naître.

Extraordinairement expressifs sont les témoignages des martyrs, des nombreux prêtres diocésains et religieux, lesquels mouraient, parce qu’ils ne voulaient pas se désister de leur sacerdoce, ou de ceux qui subissaient le martyre pour avoir défendu Juifs ou communistes. Ils furent fusillés et torturés à mort le Vendredi Saint, comme pour indiquer l’union de leur martyre avec la croix du Christ.

Le Père Hilary Januszewski (1909-1945), carmélitain, avait réussi à survivre dans le camp de Dachau et à en sortir libre. Puis, quand en février 1942 déborda dans le Lager l’épidémie de typhus il s’offrit librement pour secourir les moribonds dans une baraque isolée. Et ainsi contaminé, il termina sa vie.

Comment ne pas nommer une enseignante de Poznan, Natalia Tulasiewicz (1906-1945), une animatrice de l’apostolat des laïcs ? Durant l’occupation, elle était partie librement pour le III Reich, ensemble avec les femmes condamnées aux travaux, pour leur porter un soulagement spirituel. Quand la Gestapo la découvrit, elle fut arrêtée, atrocement torturée et humiliée en public et condamnée à mort dans le camp de Rawensbruck. Le Vendredi Saint, en recueillant les forces qui lui restaient, elle monta sur le banc de la baraque, tint aux prisonnières une conférence sur la passion et la résurrection du Seigneur. Deux jours après elle fut mise à mort dans la chambre à gaz.

Sœur Julia Rodzinska (1899-1945), dominicaine, mourut dans le camp d’extermination de Stuthoff, contaminée par le typhus contracté en servant les prisonnières Juives d’une baraque pour laquelle elle s’était volontairement offerte.

Sœur Celestyna Faron (1913-1944) avait offert sa propre vie pour la conversion d’un prêtre. Elle fut arrêtée par la gestapo et condamnée au camp d’Auschwitz. Elle supporta héroïquement toutes les souffrances du camp et mourut le Dimanche de Pâques de l’année 1944.

Le Père Franciszek Drzewiecki (1908-1942), orioniste de Zduny, fut condamné au travail harassant des plantations de Dachau ; pendant qu’il était plié à travailler la terre, il adorait les hosties sacrées gardées dans une petite boîte placée devant lui. Enfin, partant pour la chambre à gaz, il encouragea ses compagnons : « Nous offrons la vie pour Dieu, pour l’Église et pour la Patrie ».

Dans ce cortège de martyrs, il y a aussi le Père Pius Bartosik (1909-1941) et le Père Antoni Bajewski (1915-1941), franciscains de Niepokalanow. Ils étaient les plus proches collaborateurs de Saint Maximilien Kolbe dans la lutte pour la cause de Dieu et ensemble ils souffrirent et se soutinrent spirituellement dans l’offrande de la vie à Auschwitz.