Xénia

Sainte Xénia

Mystique Russe

Fête le 24 janvier

Église orthodoxe

v. 1720 – † v. 1791

Autres graphies : Xénia, Ksenia ou Ksenya

Canonisée le 6 février 1988

En février, les pèlerins russes se pressent sur la tombe de cette sainte orthodoxe, pauvre et folle en Christ, à Saint-Pétersbourg, qui au XIXe siècle, donna ses biens aux pauvres pour mener une vie d’errance.

Née vers 1720, Ksenya, que l’Église orthodoxe russe a canonisée le 6 février 1988, appartenait à une famille aisée. Elle connut une jeunesse agréable, mais alors qu’elle avait 26 ans, son mari, colonel et membre du chœur du tsar, mourut brutalement. Ne pouvant se remettre de son malheur, Ksenya donna tous ses biens aux pauvres et commença à mener la vie d’errante d’une « yurodivyi ». Les « yurodivyi » étaient des vagabonds qui passaient leur vie en prières, possédaient le don de prophétie et n’hésitaient pas à dire la vérité, même aux puissants. Incarnant une sainteté anti-institutionnelle à une époque où l’Église était en crise (Pierre le Grand avait aboli le patriarcat et soumit l’Église au pouvoir politique), Ksenya représentait une résistance sur un mode féminin et prophétique. Elle n’était rien qu’elle-même et déguisait sa vie spirituelle sous des aspects de folie. Veuve d’un libertin notoire, Ksenya mit les vêtements de son mari et s’adonna aux plus grandes austérités afin d’expier à sa place sa vie de débauche. Puis elle adopta le mode de vie des « fols en Christ », un courant mystique russe, au début du XIXe siècle, à Saint-Pétersbourg. Sollicitée, elle revint une fois à la cour pour soigner le tsar blessé lors d’un attentat. Ksenya mourut à l’âge de 71 ans.

Une église est dédiée à sainte Xénia à Saint-Pétersbourg.